Un lieu n'existe que s'il est lieu-dit.
Les autres sont des mirages.
Tant que tu n'as pas dit un endroit,
Il n'est même pas un décor,
Il n'est même pas un transit,
Ton regard le traverse
Comme le néant, l'inutile, l'absurde.
Ma ville à moi, tu vois,
Elle se construit quand je la parle.
Si je n'en dis rien, elle n'est rien.
Et il en va de même pour un tas de chose.
Pour toi peut-être. Pour moi.
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Loula-Ludivine
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Enfant, Pierre faisait de drôles de rêves qui duraient très longtemps. Il voyageait dans un univers parallèle, un Paris imaginaire, et il y retrouvait Loula. Loula, louna. Lou la Divine. Et puis les rêves se sont arrêtés. Il a appris un métier, il s'est marié, il a eu un enfant.
Pourtant, de temps en temps, comme à fleur de regard ou de peau, il a l’impression de sentir qu’il existe autre chose et que Loula est là. Près de lui.