Neruda, mon Neruda.
Capitaine
Aux vers amoureux.
Echoué
Sur une île noire si près de Temuco.
Descendant des rois.
Orphelin mélancolique
Que la pluie élève
Que les vents tressaillent.
Tes mots,
Tu les écris
Pour les poètes aux mains de boue
Qui lisent à peine.
Pour eux,
Tu chantes le plus simple.
Tu l'extrades.
Et moi
Je reste assise.
Invisible
Dans leur chœur.
Je me fonds
Entre eux
Pour t’écouter,
Pour m’imbiber
- volcanique -
De tes poussières de feu.
Soudain si vieille
D'une terre qui ne m'appartient pas.
Jalouse.
D'eux, de toi.
De ce temps où l'envol naissait du mot.
Type de document : vers
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Enfant, Pierre faisait de drôles de rêves qui duraient très longtemps. Il voyageait dans un univers parallèle, un Paris imaginaire, et il y retrouvait Loula. Loula, louna. Lou la Divine. Et puis les rêves se sont arrêtés. Il a appris un métier, il s'est marié, il a eu un enfant.
Pourtant, de temps en temps, comme à fleur de regard ou de peau, il a l’impression de sentir qu’il existe autre chose et que Loula est là. Près de lui.