- Je m’étais arrêté où la dernière fois ?
- Aux maîtres habiles
- Oui mais c’était quel poème ?
- Le 15
- Tu crois que c’est déjà l’été ?
- On dirait .
- Et c’est quel mois à ton avis ?
- Juillet
- Regarde, je suis cap de te dire en un seul coup d’œil combien y’a de grains dans cette tasse.
- Combien ?
- 1976
- Et maintenant ? T’imagines quand même pas que je vais les compter pour voir si t’as dit vrai !
Type de document : minutes des mémoires absolues
Auteur fictif : Les Greffiers
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Les poèmes de Guillevic sont comme des haïkus : minimes. et pourtant, croyez-moi, ils n’ont vraiment rien en commun avec des haïkus. D’abord, parce qu’ils ne finissent pas : ses vers, tous ses vers s’enchaînent comme les années d’une vie, la sienne ou la nôtre ; ensuite parce que, pour lui, la concision n’est pas esthétique, il ne pratique pas la "bonsaï-poésie", je ne l’imagine pas du tout s’extasier devant un arbre mutilé et nanifié, encore moins devant des mots artificiellement resserrés, non. La concision est pour lui une nécessité, une économie, un héritage, un souvenir.
Type de document : DJ's classes : études comparées
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun