une seule question

Loula
Ils n'avaient qu'une seule question. Tous. La même. Toujours. Les recruteurs, le peuple.

"Où est la gardienne ? Où est-elle ? "

Ma famille, ma mère, mon père, les psychologues.
"Où vas-tu Loula ? Pourquoi, pour qui ?"

Pierre parfois, "reste," me disait-il, "reviens avec moi".

Je les entendais dans mon exil, dans mes arrêts, dans mon absence.

Capitaine
Je sais Loula.

Loula
Je ne pouvais pas.

Capitaine
C'est comme ça.

Loula
Je n'étais d'aucun temps.

Capitaine
Voyageuse absolue.

Loula
Seulement l'ici.

Capitaine
Et tu les as entendus construire ton histoire

Loula
Avant même que de la vivre.

Capitaine
Et tu en connais la fin.

Loula
Il n'y a pas de fin, Capitaine. Il n'y a qu'un maintenant. Absolu. Où je suis dans tous les points de ma souffrance et de ma délivrance concomitamment.


Type de document : minutes des mémoires absolues

Auteur fictif : Les Greffiers

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

> changer les liens

comme des haïkus

Les poèmes de Guillevic sont comme des haïkus : minimes. et pourtant, croyez-moi, ils n’ont vraiment rien en commun avec des haïkus. D’abord, parce qu’ils ne finissent pas : ses vers, tous ses vers s’enchaînent comme les années d’une vie, la sienne ou la nôtre ; ensuite parce que, pour lui, la concision n’est pas esthétique, il ne pratique pas la "bonsaï-poésie", je ne l’imagine pas du tout s’extasier devant un arbre mutilé et nanifié, encore moins devant des mots artificiellement resserrés, non. La concision est pour lui une nécessité, une économie, un héritage, un souvenir.


Type de document : DJ's classes : études comparées

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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