La tasse n’est plus chaude mais quand on la saisit, l’index reste relevé comme par mémoire du moment sacré de la première gorgée. Le café a refroidi, normal! Un peu de marc patauge. Boire ou ne pas boire ? Il faut savoir s’arrêter avant la fin, avant la lie. Juste avant. Contempler le fond et se retenir de plonger une dernière fois. Avoir ce courage. Rester assis devant une tasse presque vide et ne pas se sentir obligée de boire ni de partir. Choisir. ""Monsieur Grégory Corso, qu'est-ce que la puissance ?" "rester debout au coin d'une rue et n'attendre personne" - j’ai rêvé new york, j’ai rêvé new york, new york city sur hudson ..."
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Les poèmes de Guillevic sont comme des haïkus : minimes. et pourtant, croyez-moi, ils n’ont vraiment rien en commun avec des haïkus. D’abord, parce qu’ils ne finissent pas : ses vers, tous ses vers s’enchaînent comme les années d’une vie, la sienne ou la nôtre ; ensuite parce que, pour lui, la concision n’est pas esthétique, il ne pratique pas la "bonsaï-poésie", je ne l’imagine pas du tout s’extasier devant un arbre mutilé et nanifié, encore moins devant des mots artificiellement resserrés, non. La concision est pour lui une nécessité, une économie, un héritage, un souvenir.
Type de document : DJ's classes : études comparées
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun