langue solennelle

Le français pour Guillevic est une langue solennelle et officielle, langue de l’école et de l’état, des examens et de l’emploi : il a grandi entre le breton et l’alsacien, entre le granit et les étangs, la mer et les forêts, les pinèdes et le grès rose, le celte et le germanique ;

Il faut éprouver un incommensurable respect envers la langue pour la traiter avec autant d’économie : respect de ceux qui se souviennent d’avoir été admis, accueillis ; reconnaissance des étrangers qu’un idiome a intégrés en sa communauté.

Première personne de ma famille à être née en France, ayant grandi à Strasbourg entre les sonorités cimmériennes, slaves, espagnoles, arabiques et germaniques, je ressens un sentiment de cet ordre pour la langue française : elle est ma terre d’asile et ma patrie.


Type de document : DJ's classes : classes générales

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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Récit Variable et Topos

L’ensemble des textes d'un récit variable forme une base de données - un réservoir de textes - qui est agencée en de multiples niveaux de liens. Cette base de données peut être comparée à un espace qui possède une topographie, une architecture, une identité et des règles : un Topos (du grec topos : région, lieu).

Un Topos est semblable à une ville : il a ses quartiers, ses voies de circulation et de liaison. Comme une ville il peut grandir. Et, comme dans une ville, chacun y circule, y vit, y communique à sa façon.

Par exemple, connaître Paris, c’est connaître quelques endroits de Paris. Tous les Parisiens connaissent Paris mais aucun d’entre eux ne connaît le même. Pour un Topos, c’est la même chose. Tous les lecteurs d’un Topos le connaissent, mais aucun ne connaît le même.

Mais le Topos, ce n’est pas encore le récit.

Le récit naît quand un lecteur choisit des textes au sein du Topos et quand il les ordonne.

Ainsi, le récit est toujours variable. Il dépend :
- du choix des textes opéré par le lecteur ;
- de l’ordre des textes ;
- des supports d’édition et diffusion (électronique, papier d’imprimante, livre papier, affiche, son, etc.)

Le récit est donc toujours un récit potentiel parmi d’autres, une virtualité. C’est pourquoi c’est un récit variable.


Pour alléger le propos, consultez la version light de ce texte : un topos, c'est comme un frigidaire


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