Carte d'un jeu d'indices
Catégorie : représentation/divertissement
1. Je débute par une rencontre amoureuse sur les grands boulevards.
2. Je me déroule dans les théâtres et dans les rues.
3. Je parle d’hommes et de femmes qui se croisent, se séparent, se retrouvent et se manquent.
4. Je montre la vérité nue dans un tonneau.
5. Je mets en scène des truands et des artistes.
6. Je crois au destin.
7. Je suis le chant des amours impossibles entre une fleur rouge et un pierrot blanc.
8. Parfois la fleur rouge se change en statue de pierre.
9. Une étincelle ? Oh ! une toute petite lueur ...
10. Je raconte l’histoire d’un comédien qui dut apprendre la jalousie.
11. Je raconte l’histoire d’un mime qui dut apprendre la résignation.
12. Le mal existe et il peut fasciner le beau sans le corrompre.
13. Le bien existe et il est bien triste.
14. Paris est si petit pour ceux qui comme nous s’aiment d’un aussi grand amour.
15. J’ai transformé le père de Vidocq en lion.
16. Je raconte l’histoire d’une femme qui n’avait que sa beauté et sa simplicité.
17. Je suis le plus beau des poèmes de Prévert.
18. "Boulevard du crime", de quel crime ?
19. Je suis une ode au paradis et à sa progéniture.
20. Je termine par une poursuite amoureuse sur les grands boulevards.
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Rubrique "Paroles de Citoyens"
Je vis ici depuis 45 ans. J'ai connu les premiers travaux.
D'abord, ils ont fait la moitié des Halles.
Puis, le premier départ à Rungis.
Le deuxième départ à Rungis.
Réaménager.
Et oui ! Je suis vieux maintenant !
Mais, je fais quand même partie d'un club de boules et on joue toujours aux Halles. C'est pour ça que je suis venu aujourd'hui à la fête du quartier.
C'est sûr, pour le reste de mes vieux jours, moi je préférerais être tranquille et ne pas voir encore un gros chambardement ! Le chantier, les camions, on a donné ! La pagaille dans le quartier, on connaît. Mais bon, le changement est nécessaire. Il faut un peu penser aux jeunes aussi.
Moi, j'étais pour le projet du Hollandais, là. Comment il s'appelait déjà ? Haas ? Le fameux projet avec la terrasse et la piscine en surface. Et un terrain de football sur le côté…
Le jardin qu'on a aujourd'hui, il est pas mal pour nous, pour les enfants et tout ça. Avant, il n'y avait rien du tout. Mon envie, ce serait de garder le plus de verdure possible pour les enfants.
Des boutiques, il y en a assez en dessous. Ils parlent de réaménager encore des boutiques en surface…
Voilà, c'est mon avis à moi.
En tout cas, j'adore le quartier. Je trouve qu'on est bien au Forum. Y'a un peu de tout … d'accord. Mais je ne quitterais pas mon quartier pour un autre !
On a les Halles, on a les Tuileries, on a le Palais Royal, on a tout ce qu'il faut à proximité, la piscine en bas, ha ha ha. Et puis y'a de l'air dans notre quartier en plus. C'est pas un sarcophage. C'est pas fermé. Et j'aime bien aussi le côté cosmopolite. On vit avec vachement de races ! On peut changer, bouger !
En plus, ils vont peut-être nous installer un marché à la rue Montmartre. Un marché, ça nous manquait drôlement aux Halles. C'est ironique, non ? Le projet est prévu pour le mois de septembre. On attend pour voir. Parce que d'après les copains du quartier, le marché de la Place du Marché Saint Honoré n'a pas apporté grand-chose. Tout est aussi cher là-bas qu'ailleurs. Mais enfin, ce serait bien quand même d'avoir un marché.
Bon, les Halles, les vraies, il fallait qu'elles partent. C'était je crois cinquante ou soixante mille personnes qui passaient chaque jour. C'était le raz -de-marée. Je me rappelle les enfants qui allaient à l'école, ils traversaient le Pavillon de la Boucherie, il y avait des mares de sang partout. Les camions arrêtés au Pont Neuf ne pouvaient plus avancer dans le quartier. C'était une vie infernale. Et comme nos immeubles à nous n'étaient pas rénovés à cette époque-là, comme on n'avait pas de double vitrage, ça faisait un bruit d'enfer. Non, on est mieux maintenant. On est beaucoup plus tranquille.
Oh la la. C'était surtout le bruit des gens qui criaient dans la rue, leur voix montait. "Juanito", j'entendais, "les poireaux". C'était des jaunisseries de bananes, les grills. C'était une autre vie. Tous les marchands de frites, les bistros, ça tournait à cent à l'heure. Les coups de blanc avec les bouchers. C'était une autre vie.
Mais maintenant pour les vieux comme pour les gamins le quartier est mieux.
Type de document : XIU : journal officiel
Auteur fictif : Le Journaliste
Auteur réel : anonyme
Provenance du texte : Printemps de la Démocratie
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun