face au palais

Je me suis installée en face du palais du fruit, maraîcher luxuriant qui reproduit à lui seul l’impression d’un marché. Mais ne vous y fiez pas : ce n’est ni moins cher ni meilleur. L’avantage c’est qu’on y trouve généralement ce qu’on veut. C’est déjà ça !

Soudain je réalise :
Que je suis dans le deuxième arrondissement
Que j’ai replongé dans l’écriture du Topos "odyssée"
Qu’il serait peut-être bon de prendre des notes pour une série [métro] ou [vie parisienne].

Mais il ne se passe rien de spécial et je suis d’humeur paresseuse. Je regarde devant moi. Je me perds dans la délicieuse sidération du débit de cette rue semi-piétonne : d’où sortent-ils tous ? Je n’en crois pas mes yeux. Dire que moi aussi j’en fais partie. Je ne dois pas me contenter de cette illusion d’exception (d’extraction) que m’apporte l’immobilité. Je suis une passante parmi les passants même si je suis assise à la terrasse d’un café en train d’attendre que la serveuse m’apporte ma commande.

Je n’aurais peut-être pas dû prendre un café : il est tard, je ne pourrai pas dormir cette nuit. C’est pas grave, de toutes les façons je ne compte pas dormir, je compte écrire. Alors c’est bien. Autant prendre un café.


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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la reynie

La Reynie, Gabriel Nicolas de
(1625-1709)
dit "le premier flic de France".

Et non ! Il n’y a pas toujours eu des flics : la police a été créée en 1667 et La Reynie en fut le premier patron. Grand espion, il développa un immense réseau d’indics. On le compare à Vidocq .

Vous avez remarqué ? La police est créée en 1667 et, immédiatement après, la Cour des Miracles est rasée. Ca, ce n’est pas une synchronicité, non. Et rien à voir avec la sérendipité. C’est une mesure destinée à en mettre plein la vue, à prouver qu’on va faire du bon boulot, qu’on va être un bon chef de la sécurité. Une mesure d’assainissement du territoire.

L’ordre public passera-t-il toujours avant les Cours des Miracles ?


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

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