Ayant ainsi parlé, le capitaine s'en alla ouvrir un coffre d'où il tira un sac de cotonnade. Il y puisa une poignée d'une substance qui tenait tout à la fois du sable et de la cendre, et l'ayant diluée dans un peu d'eau, il la huma longuement. Puis il tira du même coffre un ouvrage manuscrit dont il lut certains passages en pleurant. Il nous parla enfin :
"Sachez, ô passagers, que cet ouvrage contient des révélations étonnantes. Il donne quantité d'indications et de renseignements concernant cette région, et avertit ceux qui viendraient à s'y aventurer qu'ils n'ont pas la moindre chance de s'en sortir vivants. Ce lieu de la terre où nous sommes a reçu le nom de Zone Climatique des Rois".
Type de document : journaux de bord
Auteur fictif : Dottore Pi
Auteur réel : Inconnu
Provenance du texte : Liste de l'éducation nationale
Référence : Sindbad le marin
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Station Picpus-Courteline. Je cours dans le métro. Je suis en retard.
Découvrant une énième campagne publicitaire, abattue, je laisse ma main attraper un carnet et me poser ces questions qui n’en peuvent plus de se taire…
La société crée-t-elle la publicité à son image ou bien se façonne-t-elle à l’image de la publicité ?
Quand 2 femmes en string, topless, sont engagées dans un combat de boxe - plus érotique que sportif - contre un homme en caleçon stretch ; quand 3 adolescents nus sur un canapé se reposent "avant" ou "après" la jouissance et que le sexe de la jeune fille est exposé ; quand un couple se déshabille pour copuler sur du bitume macabre près d’une cuvette de toilette étincelante en vantant la propreté du plaisir ; quand 2 femmes en attirail SM partagent lascivement un sofa : que nous dit-on ?
Que nous vivons dans une société libre sexuellement ou que toute résistance à l’orgie scatologique et pédophile est réactionnaire ?
Nous offre-t-on les images que nous voulons voir ou prépare-t-on de faux "libres consentements" et de vrais abus ?
Le sexe sert-il à vendre ou bien, en fin de compte, omniprésent, ne finit-il pas par devenir ce qui nous est vendu ?
Nos rues, nos bus, notre métro sont-ils désormais le terrain d’évangélisation d’une nouvelle idolâtrie dont l’icône et le culte seraient la sexualité orgiaque et violente bâtie sur l’esclavagisme du féminin ?
A l’heure où adolescents et jeunes adultes rencontrent la pornographie avant l’amour, est-il plus important de préserver l’espace public de la fumée de cigarette que des images sexuellement agressives et intrusives?
La permissivité absolue, le no limit, la fin des tabous ne finissent-ils pas par devenir une dictature ?
Notre passivité et notre silence sont-ils une impuissance, un renoncement, un accord ou de la complicité ?
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun