Soirée poésie :
9ème - 1 rue de la Boule Rouge
Mots en vrac, en écho, en dessert.
Clicks des appareils numériques.
(Tout souvenir doit être fixé en couleurs,
Formes et images.
Comme si la mémoire-mot,
La mémoire-souffle,
La mémoire caresse et sensation
N'existait plus.
Comme si
Chaque plaisir, chaque bonheur
Etait spectacle)
Petit Nathan me tend un stylo
Il n'a de cesse que je ne me sois rendue
"Ecris" dit-il. J'écris.
Ah! une coquine,
Une petite coquine qui louche
Sur les genoux de Robert.
Dans mon carnet,
Elle sera bien attrappée !
La poésie tous ensemble.
Un vers, un autre.
Un mot encore.
Musique d'assonances,
De rimes, rythmes,
Allitérations et métaphores.
Dans la pièce à côté,
Ils jouent au rami
Gros cigare et cigarettes.
J'adore.
Souvenirs anciens
De mon père.
Enfance des cafés-pmu.
Puis Charlotte me dit un poème
A l'oreille
Le best.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
La Cour des miracles, bien sûr, c’est le royaume d’Esméralda l’égyptienne, la dompteuse de l’extrême, la danseuse de la mort, la sauveuse de poète, la malheureuse, la mal aimée, assassinée pour la vérité de ses désirs, une grande dame.
C’est Angélique aussi, nommée la merveilleuse, marquise des mendiants et des voleurs, voyageuse des fonds de cales, qui perd encore et sans cesse tout ce qu’elle a conquis, Robert Hossein et l’alchimie, son palais et sa famille.
Terrible association entre un mythe total et un fantasme kitch : il est tant de référents dans notre imaginaire !
Aujourd’hui, j’aurais situé "la Cour des Miracles" quelque part dans le 18ème, vers "la goutte d’or" : les deux noms ont l’air d’être en filiation directe, vous ne trouvez pas ?
Et pourtant, non. La Cour des Miracles se nichait à proximité des Halles. Bien sûr ! Quel autre territoire aurait pu davantage tenter les brigands et les voyous ? Elle s’abritait au pied de la muraille de Charles V, entre la rue de Damiette et la rue des Forges.
Détruite en 1667 sur ordre du lieutenant de police La Reynie, elle s’est reconstituée au 18ème siècle.
Véritable cour, elle avait un roi - le roi des thunes, le coësre - et des délictueux officiers aux noms délicieux : archi-suppôts de l’argot, cagoux, coquillarts, courteaux de boutanche, calots, capons, francsmitoux, malingreux et autres marcandiers.
On dit qu'elle existe toujours, de l'autre côté …
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun