le bal

J'arrive pas loin du bal.
Je quitte la rue Gaston Tissandier
après être passé par la rue Charles Lauth
et la rue Gaston Darboux.
J'arrive sur le Square Charles Hermite
où il y a un bal.

          Il est cinq heures
          Paris s'éveille
          Paris s'éveille


Il y a des enfants qui dansent
en faisant la ronde.
Ils sont mignons.
Ils sautillent.
J'arrive.
J'arrive dans la foule.

          Les travestis vont se raser
          Les strip-teaseuses sont rhabillées


Dans l'animation.

           Les traversins sont écrasés
          Les amoureux sont fatigués


Petite pause.

          Il est cinq heures
          Paris s'éveille


Je vais aller attacher mon vélo.

          Les banlieusards sont dans les gares
          A la Villette on tranche le lard
          Paris by night, regagne les cars


Il y a des gens qui se roulent des pétards
dans le coin du square.
Il y a une demoiselle qui pose comme une pin-up
sur une table de ping-pong en béton.
Il y a une maman qui allume sa cigarette
tout en tenant une canette de coca.

          la Tour Eiffel a froid aux pieds
          L'Arc de Triomphe est ranimé


J'attache mon vélo
avec mon antivol Piton.

          Paris s'éveille

C'est un vieux flash-back dans mon passé
ce quartier.
On est à la hauteur d'Aubervilliers.
Y'a un baby-foot.

          Il est cinq heures
          Je n'ai pas sommeil


Je vais prendre un petit Perrier.
Ça va me faire du bien.
J'ai la gorge sèche.


Type de document : chants des griots

Auteur fictif : Griotin

Auteur réel : Rémy Romeder

Provenance du texte : Printemps de la Démocratie

Référence : Il est cinq heures, Dutronc

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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comme Kafka

Mon Amour, c'est vrai : je ne peux pas quitter Paris et venir auprès de toi, de tes montagnes, de ton soleil, de tes cyprès, de tes cèdres, dans cette maison de pierres aux grandes fenêtres que j'aime tant.

Mais soyons hônnetes, notre éloignement ne dépend pas seulement de toutes ces très bonnes raisons matérielles que nous évoquons : notre travail, ma fille, nos obligations multiples, nos modes de vie. Nous pourrions trouver des solutions intermédiaires.

Non.

Nous vivons loin l'un de l'autre, tout en le regrettant, car comme Kafka, tu ne sais pas vivre seul et tu ne peux pas vivre avec d'autres.

Et peut-être suis-je moi aussi dans la même situtation.

à l'Homme des Montagnes


Type de document : correspondances

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : CL

Référence : M. Blanchot - L'espace littérair- Folio - p.77

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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