On peut croire qu’avec les années notre pensée évolue et mûrit, que des nouvelles rencontres, plus complexes, fines ou modernes, détrônent les anciennes.
Peut-être.
Mais, il me semble revenir toujours et sans cesse [Pénélope complexe] aux mêmes voix qui m’ont émue, dans lesquelles j’ai reconnue - élaboré - ma subjective intimité, qui me l’ont révélée.
Certains êtres sont de la même intuition.
Monsieur Bachelard, je vous rejoins, depuis la première fois où j’ai effeuillé votre "poétique de la rêverie" à 17 ans, dans ces espaces créatifs auxquels vous m’avez – vous seul – initié.
D’ailleurs, si je n’ai jamais supporté l’enseignement d’un maître ou d’un professeur dans le monde réel, c’était parce que, grâce à vous, dans l’univers poétique, j’avais appris à accéder aux plus grands …
A Gaston Bachelard
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
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Textes satellites : aucun
Mon regard s'est arrêté sur ces deux grains de beauté que souvent je ne vois pas et qui parfois surgissent, explosent, ravagent.
Un souvenir.
Une blessure plus qu'un présage.
Ces deux grains de beauté par lesquels nous sommes jumeaux, ce trait d'union,
segment que toi tu portes au cou, moi à l'avant-bras,
dans un même alignement.
Alignement aussi droit que la trajectoire nécessaire au Pendule de Foucault pour établir sa preuve de la rotation de la Terre.
Je ne t'oublie pas.
Même si je ne te cherche plus.
Même si je me suis résolue.
Tu as disparu.
Tu étais là.
Tu n'y es plus.
Ou bien est-ce moi.
...
Nos mondes se sont disjoints
et nous ne pouvons plus tracer,
dans nos enlacements,
cette ligne qui poursuit la courbure de l'univers.
Incommensurabilité.
janvier 2009
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun