no man's land

Rubrique "Paroles de Citoyens"

Nous sommes plusieurs générations à avoir habité ce même quartier.

Il est très enclavé et fait très village, parce que d'un côté, il y a le périphérique et, de l'autre, il y avait autrefois les voies SNCF et maintenant les entrepôts.

C'était un no man's land à gauche, un no man's land à droite.

Ce qui fait que, même si les politiques veulent qu'on soit un seul et même quartier avec l'autre côté de la voie des chemins de fer, et bien c'est pas possible, on reste malgré tout le Quartier Charles Hermite.

Et les choses se développent beaucoup dans le quartier, ici, dans notre périmètre, grâce aux habitants.

C'est vrai, on a un peu de mal — non pas à s'ouvrir — mais à concevoir des initiatives avec les gens de Max Dormoy.

La réalité de ce quartier, c'est ce quartier.
Charles Hemite.

Et on y est bien.


Type de document : XIU : journal officiel

Auteur fictif : Le Journaliste

Auteur réel : anonyme

Provenance du texte : Printemps de la Démocratie

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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quand je défaillis

Capitaine L
Quand je défaille et quand je doute, les graphes seuls m’apaisent. Etrange puissance des dictionnaires, des stylos et des ombres numériques. Quelle est cette vertu de l’écrit, Loula ? Toi qui frayes au-delà du lire et de l’alphabet, dis-le moi.

Loula
Je ne sais pas.
Je ne peux pas savoir.
Je suis un griot.
Je ne sais que le récit.

Capitaine L
Alors récite.

Loula
D’abord, il y a cet effilement, qui exige de ne jamais remettre. Ne pas croire un seul instant à l’instant suivant. Il faut suivre, partir, tout dire. Jamais garder. Obéir.

Capitaine L
Honnêteté.

Loula
Ensuite, il y a cette curiosité du sentir. Collectioner toutes les irruptions, toutes les effractions, entailles et sursauts.

Capitaine L
Rigueur de l’instinct.

Loula
Et puis, il faut les trouver. Lui, le mot, qui échapperait aux règles. Elle, la parole, qui ouvrirait le sens sans l’imposer.

Capitaine L
Toujours évoquer. Jamais montrer.

Loula
Je ne peux dire que ce que j’ai dit.


Type de document : minutes des mémoires absolues

Auteur fictif : Les Greffiers

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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