je refuse de dire

Je refuse de dire - parti pris et induction - que la forme prime sur le contenu car il n’existe ni forme ni contenu mais seulement un procédé de génération.

Avant l’acte d’écriture, avant l’énonciation, ma pensée est inaccessible et non pas inexistante.

Je suis à la recherche – odyssée – d’une plastique et d’une organisation de l’écrit avec lesquelles nos sens mutants, stimulés et rééduqués par les technologies numériques de l’information et de la communication [TNIC], puissent instaurer un lien [bonding].

Pas seulement les sens : tous les processus cognitifs.

Nous nous sommes habitués à une nouvelle interaction avec notre environnement : celle de l’ubiquité, de la vitesse et de la connexion dont le Zapping est la méthode.

Il est inutile de le nier, inutile d'essayer de l'arrêter : il est nécessaire de l'accompagner et de l'utiliser du mieux possible.


Type de document : DJ's classes : récits variables

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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quand je défaillis

Capitaine L
Quand je défaille et quand je doute, les graphes seuls m’apaisent. Etrange puissance des dictionnaires, des stylos et des ombres numériques. Quelle est cette vertu de l’écrit, Loula ? Toi qui frayes au-delà du lire et de l’alphabet, dis-le moi.

Loula
Je ne sais pas.
Je ne peux pas savoir.
Je suis un griot.
Je ne sais que le récit.

Capitaine L
Alors récite.

Loula
D’abord, il y a cet effilement, qui exige de ne jamais remettre. Ne pas croire un seul instant à l’instant suivant. Il faut suivre, partir, tout dire. Jamais garder. Obéir.

Capitaine L
Honnêteté.

Loula
Ensuite, il y a cette curiosité du sentir. Collectioner toutes les irruptions, toutes les effractions, entailles et sursauts.

Capitaine L
Rigueur de l’instinct.

Loula
Et puis, il faut les trouver. Lui, le mot, qui échapperait aux règles. Elle, la parole, qui ouvrirait le sens sans l’imposer.

Capitaine L
Toujours évoquer. Jamais montrer.

Loula
Je ne peux dire que ce que j’ai dit.


Type de document : minutes des mémoires absolues

Auteur fictif : Les Greffiers

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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