Je suis assise tout au fond du café qui s'est vidé.
La vitrine comme un écran panoramique.
La rue comme le plus magnifique plan-séquence.
Les poissonniers harranguent les passants en bonnet brillant de Père Noël, le boucher en canotier transporte un immense bouquet, le marchand de quatre saisons emplit l'étalage dégarni.
Après demain, c'est Noël et jamais les rues n'ont été si vides en ces époques d'étrennes. Jamais l'ambiance des fêtes n'aura été si tardive. La rue sent la peur de demain.
La lumière est blanche. Que c'est beau pourtant.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
10h30. dentiste.
* RFM [radio pop : 1er indice socioculturel]
* lecture + ou - habituelle des antichambres des salles de tortures barbaro-sadiques autorisées pour motifs sanitaires (méfiez-vous des dentistes!) :
- le magazine de l’optimum (minimum)
- muteen : il y a une vie avant 20 ans (évidemment)
- la revue des montres (¿ ¡ ça existe ! ?)
- l’officiel de Paris, de la couture et de la mode (et l'officieux c'est quoi?)
- jalouse (pas d’accroche - le titre se suffit à lui-même)
A quand Sofa ? Nova Mag ? Mouvement ? Beaux arts ?
Dans le meilleur des cas, on trouve de vieux Inrockuptibles.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun