Hypothèse n° 1
L’hypertexte est créé par le lien : à l’origine électronique, il se dissémine dans l’espace réel : il devient vecteur de transmission : il envahit le papier et la ville : le concept de "citéLivre" est une colonisation du réel par les mécanismes du numérique [remix d’une série culte] [les envahisseurs viennent du numer-espace] -> moi, le scripte, je suis une vendue.
Hypothèse n° 2
L’hypertexte est créé par le lien : à l’origine électronique, il est détourné par l’espace réel : il restitue au papier et à la ville sa puissance topographique : il sauve l’espace menacé par le temps à l’ère des NTIC : il devient arme de résistance au tout numérique / binaire [remix d’une série culte] [Star Trek lutte contre les Cyborgs] -> moi, le scripte, je suis une héroïne de la résistance.
Mais
Hypothèse n°3
Le Topos n'est pas un hypertexte et je n'ai pas besoin de me poser toutes ces questions.
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Pardonnez-moi, je vous croyais mort, vous ne l’étiez pas ... Comment aurais-je pu imaginer qu’il restait encore un poète vivant?
Quand je vis l’affiche qui annonçait votre visite à Strasbourg dans cette petite salle de conférence de la Place du Corbeau, au coin de la ruelle sombre où avait vécu ma grand-mère, je crus à une résurrection – vous n’en deveniez que plus grand encore ! Tremblante, je m’étais assise au fond de la salle, heureuse, – auguriez-vous l’immortalité des chantres ?— je tentais de vous écouter mais, je l’avoue, je n’avais d’yeux que pour vos oreilles, si grandes oreilles dont les lobes immenses touchaient la terre.
Je comprenais enfin d’où venait votre verve tellurique : le rythme de vos vers, leur sobriété, n’était pas dionysiaque, je l’avais remarqué ! Vous n’étiez traversé ni par le duende, ni par la pena negra ni par le daïmon, non ... vous récitiez la terre parce vous l’entendiez avec votre ouïe fine ! Une ouïe de lutin, de chimère, de marin qui ne prend pas la mer ... vous n’étiez donc pas un humain ! Vous étiez un être mythique, un "guillevic", et si vous n’aviez pas de prénom, c’était parce que guillevic n’était pas un patronyme mais un genre. Et dire que personne ne s’en était rendu compte !
Guillevic : farfadet du Morbihan, aux grandes oreilles, porte parole de la nature et des éléments air, terre et eau (mais pas du feu)
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun