Il est fréquent que ceux qui n'ont pas accès au Récit vivent dans le fantasme de ce qui s’est passé au Mont Cimmer, du secret qui aurait été transmis et du pouvoir que les Cimmériens en auraient tiré.
Or:
1. Les Cimmériens en tant que tels n’existent pas : on ne naît pas Cimmérien, on le devient.
2. Le Mont Cimmer n'est pas un lieu au sens propre : c'est un état d'abstraction, de création, de réception.
3. Le Récit révélé au Mont Cimmer n'est pas une narration avec un début, une fin, un contenu : c'est un possible qui advient à chaque instant.
4. La Révélation du Récit n'a pas pris place à un moment du temps : elle est continue.
Il n'y a donc jamais eu de "peuple réuni" au Mont Cimmer pour recevoir un mythe cosmogonique d'origine divine, pour accepter une loi ou pour être investi d'une puissance.
Il y a, Cimmérien après Cimmérien, la découverte des Nœuds et de leur écriture . C'est-à-dire de l'au-delà du mot et du logique.
Les Cimmériens n'héritent pas du Récit de génération en génération : quand une personne - quelle qu'elle soit - accède au Récit, elle devient Cimmérienne, elle rejoint le Mont Cimmer, elle vit l'instant éternel de la révélation et elle intègre la communauté du Récit.
Type de document : DJ's classes : études cimmériennes
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Avez-vous remarqué qu’il existe une sociologie de la presse des salles d’attente ?
- chez les notaires, des revues de yachting ou de golf : "faites-moi confiance, je suis riche".
- chez les psys, des catalogues d'enchères : " au bout de dix ans d'analyse trihebdomadaire à dépassement d'honoraires non remboursé, vous m'avez déjà aimablement offert un appartement. Avant votre nouvelle séance, je vous en prie, admirez les prochaines œuvres d'art que vous allez m'acheter ! Après tout, nous sommes entre gens cultivés".
- à côté de ça, La Revue des Montres de mon dentiste pourrait ressembler à une preuve d’humilité mais ne vous y trompez pas ! Elle révèle seulement sa jeunesse : la trentaine "Je débute ma carrière. Pour l'instant, je m'intéresse aux montres. Dans quelques milliers de couronnes et d'implants, on passera aux voitures de course" ;
Faut-il préciser que je déteste les dentistes ? Je suis complètement phobique / névrotique / résistik - depuis toujours - depuis la première fois - j’avais 6-7 ans - je ne comprends pas d’où nous vient ce courage d’ouvrir nos lèvres et de nous en remettre à un inconnu.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun