Rubrique "Paroles de Citoyens"
J'étais sur une rivière en Ardèche avec des amis. J'étais tout seul sur la rivière en train de pêcher. Avec un copain. C'était mon tour. Chacun son tour. Et tout à coup, en pleine journée, il était trois heures, un chevreuil qui rentre dans la rivière !
80 mètre au dessus de moi.
Il descend la rivière, il vient vers moi. Je le voyais nager. Juste sa tête qui dépassait. Un coup à droite, un coup à gauche.
En un clin d'oeil, il arrive à une petite dizaine de mètres de moi. Il s'arrête, il me regarde et ensuite il repart sur le côté. Il sort de l'eau. Il se secoue. Il me regarde. Il s'en va tranquillement.
Et des trucs comme ça, y'en a plein à la pêche à la mouche.
Quand on la chance de pouvoir montrer ça à quelqu'un, c'est superbe.
C'est comme le corbeau qui picorait dans la rivière. Il mangeait des petites larves. A chaque fois que j'avançais, il avançait aussi. C'était super rigolo.
Une autre année, y'a eu un renard. Il me regardait pêcher, C'était marrant. Il me suivait. Quand je suis sorti, on est resté trente secondes à se regarder avant qu'il ne rebrousse chemin et qu'il me regarde encore.
Quand les enfants des villes vont faire de la pêche à la mouche, ça leur montre qu'il y autre chose. Autre chose que le roller parc. Qu'on peut prendre le temps de regarder le monde autour de soi.
Dans les Yvelines, les jeunes qui viennent apprendre la pêche à la mouche avec nous, quand ils prennent leur première truite, et ils la prennent tous, ils vous décochent un sourire. C'est génial.
Type de document : XIU : journal officiel
Auteur fictif : Le Journaliste
Auteur réel : Jacky Bourdin
Provenance du texte : Printemps de la Démocratie
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Tuileries – je suis poussiéreuse et j’ai chaud - chaleur des villes de pierre, arides et jalouses [Avignon, Madrid, Nîmes].
Le système d’arrosage automatique pousse en ligne – potager plastique mode pataugeur aquatique – dispositif genre musée extérieur / intérieur [ titre : plate bande verte avec éléments organicomatiques ] - suis mouillée par accident. y retourne volontairement.
ATTENTION DANGER
Qui – du bout des doigts, seule dans un parc - s’élance sous la haie des jets d’eau rotatifs - trahit sa nature hédoniste . Où finira-t-elle ? Dans quel plaisir ? Dans quel pecado-pecadille ? Sexe, mensonge ou vidéo ?
D’ores et déjà enhardie par cette curieuse baignade interdite, je flâne jusqu’aux manèges et, nonchalante, m’installe sur une balançoire volante – tourniquet du ciel.
Nous sommes trois [ils étaient trois petits enfants qui s’en allaient glaner au vent]. Je tiens en main mon carnet turquoise avec élastique – vous avez déjà écrit sur une balançoire ?
-Oh mince! ça monte !
-Ça monte et ça descend !
-Wwo ! wwooo !
-Olé ! olé !
-C’est comme ça au Parc Astérix ?
-Ça va plus vite !
-Ooooh !
-Regarde la dame elle fait ses devoirs !
Dans l’altitude foraine, le bruit du vent transforme mes oreilles en coquillage et mon corps en montagne [russe ].
J’ai la nausée grave, on doit pas écrire quand on s’envoie en l’air !
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun