J’ai vu récemment un reportage sur un prototype de lunettes numériques 3D qui effacent de la vision périphérique les éléments indésirables et perturbateurs comme, par exemple, les panneaux publicitaires : elles arrangent le réel.
Mais prolongeons – pour rien, pour rire - cette liste d’éléments indésirables qu’on pourrait éradiquer de notre conscience et de nos sens : les vagabonds, les ruines, les étrangers, les gros, les roux, les vieux, les agressions, les supplices, les abus, les policiers, les caméras de surveillance, la pollution.
Question subalterne: que voit-on à la place ? Mais ce qu’on veut, bien sûr : anges, cascades ou porno. C’est au choix.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Tribut du récit variable à Guillevic
Comme les épopées, Guillevic enchaîne les strophes, sans trêve, d’un poème à l’autre, d’un recueil à l’autre. Sa voix jamais ne cesse et semble ajouter perpétuellement de nouvelles images à un récit pris en cours – jamais commencé, jamais terminé – mais en fluidité permanente.
Chez Guillevic, le remix n’est pas une volonté, c’est un mode naturel : même dans ses allusions à la décomposition ou à la violence, il versifie le souffle de vie, ce souffle qui nous précède et nous emporte, lui que nous ne pouvons qu’accompagner dans sa circulation inachevée.
Il n’est pas de repos pour les chantres de l’anodin, les DJ's des mots, les voleurs lyriques : tout, tout le temps est à dire, surtout quand il ne s’agit pas de dire.
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun