Très objectivement. Très cérémoniellement.
Très intimement. Très radicalement.
Très obsessionnellement. Très savoureusement.
Très luxurieusement. Très simplement.
Très intégralement. Très minutieusement.
Très juteusement. Très croquamment.
Très dermiquement. Très centralement.
Très personnellement
J’aime les pommes
Névrotiquement
Culinairement
Amicalement
A la mort comme à la vie
A la dérision
A la folie
A l’ivresse
A l’envie
A foison
En catimini
Comme un larcin
Comme un droit
Comme une punition
Comme un réconfort
Assise, debout, au lit
Dans la rue
Au café
Dans les trains, dans les secrets
A table, au goûter
J’aime les pommes
Je les mords
Je les dévore
Je les suce
Je les dépèce
Je les avale
Je m’en rassasie
Je m’en baffre
Je m’en délecte
A en pleurer
A m’en tournebouler
Sur les pommes, j’écrirais la vie
Entière - entière - entière
J’écrirais des prières
Des bréviaires
Des recueils
Des traités
Des poèmes
Des recettes
Des anecdotes
Des études
Des paraboles
Des comptes-rendus
Je les vois, je les goûte, je les sens
Je les exècre
Elles me tiennent.
Les pommes.
Jaunes ou rouges ou mixtes ou terre.
Mais pas vertes. Jamais.
Type de document : vers
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
Oui, oui, oui ! J’adore la fontaine de Beaubourg !
D’abord à cause des bouches d’aération version terres-neuves (elles me font penser à Anita Conti, superbe poète et photographe de l’anodin-pêcheur, Anita qui disait : "la vie te donne ce que tu lui arraches") .
Et puis j’aime les bateaux ! Les bateaux-fiction, pas les vrais, ceux qu’on écrit ou qu’on dessine, pas ceux qui voguent et qui s’en vont – e la nave va.
Ensuite, à cause des couleurs et puis aussi à cause des mobiles futiles: des lèvres rouges, un pédalo-escargot, une spirale esclave, une clé de sol pour fausses notes, un serpent qui fait pas peur, un alambic trictric, une tête de mort sur squelette noir et plein d’autres choses encore très rigolotes mais que je n’arrive pas à relire : j’ai vraiment écrit comme un pied ce mardi d’octobre où je me suis promenée autour de Beaubourg ... Il faudra que j’y retourne ... et puis non ! Voilà ! C’est comme ça ! Vous n’avez qu’à prendre ma fontaine avec ses erreurs de transcription dues à mon écriture de cochon ! Après tout, ici c’est Paris-fiction ! Pas le vrai Paris…
Type de document : chroniques de Kiméria
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun