streetDJ
A Bastille, une fresque dit qu'il faut se méfier des mots.
Un conseiller de quartier
Je trouve que ce n'est pas juste. Les mots, c'est quand même le seul vecteur qui nous permette de définir la réalité. Si nous nous mettons d'accord sur la façon dont nous voyons le rêve et la réalité, nous allons utiliser les mêmes mots. Je ne peux pas, moi, décider seul du sens d'un mot. Il faut que ce soit un sens suffisamment universel pour s'accorder avec celui des autres, pour définir une réalité commune à partir de laquelle nous pouvons éventuellement bâtir le rêve. Il ne faut pas se méfier des mots mais de leur utilisation. C'est différent.
Printemps de la Démocratie
Juin 2005
Centre Malraux
6ème
Type de document : minutes des mémoires absolues
Auteur fictif : Les Greffiers
Auteur réel : anonyme
Provenance du texte : Printemps de la Démocratie
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Il ne vivait pas sur une péniche, il ne vivait pas dans une maison, il ne vivait pas sous les ponts. Il parlait à peine. Il souriait avec les yeux.
Il avait pour passion de regarder les gens comme d’autres veulent allumer les étoiles.
Non, ce n’était pas un enfant perdu, ce n’était pas un ange ni une hallucination.
C’était un p’tit gars comme les autres.
Sauf qu’il ne dormait pas. Jamais.
Sauf qu’il ne mangeait pas. Pourquoi ?
Le voyait-on seulement ? Je ne sais pas.
En tout cas, une nuit de juin, un peu avant l’été, sur le quai de Conti, il s’était arrêté pour regarder une petite fille en pyjama qui ronflait là.
C’était très joli.
Lui qui ne dormait jamais était en train de contempler son premier rêve.
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Griotte
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun