En toute occasion j'ai mon stylo-plume en main. Je ne bouge pas sans lui à la maison, de peur de le perdre. Mais du coup, il m'arrive de le poser dans les endroits les plus curieux — le frigidaire, le lavabo, le local à poubelle— et de ne plus le retrouver.
Et quand je sors, et bien je l'emporte aussi. Sans stylo, j'aurais l'impression d'être démunie. Plutôt sortir sans argent ou sans chaussures que sans stylo.
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
La rêverie des objets décrite par Monsieur Bachelard parmi tant d’autres rêveries (de la pensée, de la volonté, de l’enfance, du mot, du cosmos) est génératrice d’une poésie de l’anodin, poésie simple et urbaine (streetwriting).
Il faut partir de cette amitié avec les choses, vantée par ce magnificateur de la substance, pour atteindre la rêverie du mot qui transforme le familier et le quotidien en textualité : le poète est un maître de l’attention.
[l’attention étant l’expression masculine et active de l’attitude féminine de contemplation.]
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun