Mon amie F. (comme Fantômette) a eu la vision du temps comme étant la somme de tous les gestes accomplis, un flot compact et mouvant. J’ajouterais que la matière et le réel ne sont rien de plus que ce flux. Influencé par mon geste et par ma conscience.
La technologie appartient au flux, au continuum de la matière.
Tandis que ma conscience, elle, est influx.
Abdiquer ma conscience pour m’identifier à la technologie, c’est perdre mon état de sujet, c’est me limiter, moi et tous les autres, pour aujourd’hui et pour demain. Pour hier aussi puisque j’impliquerais alors le devenir du passé, puisque je condamnerais au flux le potentiel humain dont je suis le récipiendaire. Détruisant ainsi l’avenir d’une lignée. Reniant l’effort des millions de générations qui m’ont précédés.
Car le Vivant naît lorsque l’influx rencontre le flux.
Type de document : DJ's classes : l'art du voyage
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Rue du Bac - 7ème
Elle porte un béret.
Elle roule à bicyclette sur le trottoir en contresens. Les travaux entravent sa mobilité.
Elle lance un juron très en contraste avec son vélo hollandais et son petit béret. Noir. Le béret. Pas le vélo. Blanc le vélo. Elle est élégante, maquillée, porte une cape.
Grande, fine. Jolie. Une dame.
Étonnant, ce juron.
Pas vraiment : elle fait du vélo comme on saute d'une falaise à l'élastique.
Elle doit appartenir à ma famille de sportifs, celle qui a pour adage :
"c'est comme la bicyclette, ça s'oublie dès qu'on en descend."
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun