Je ne crois pas à la théorie du Complot. Je n’y ai jamais cru. Il n’y a aucun complot. Les Lusores ne "complotent" pas pour faire advenir la Grande Migration.
Le projet s’est développé dans une faction extrémiste, laquelle étend progressivement son influence. Mais cette faction n’est pas encore majoritaire au sein des Lusores.
Je crois que nous devons garder présent à l’esprit que tous les Lusores ne fomentent pas la fin de l’humanité telle que nous la concevons. Peut-être même devrions-nous tenter d’entrer en contact avec des factions dissidentes et de les soutenir.
Ainsi, par exemple, nous sous-estimons l’importance des Castaliens. Les Castaliens sont manipulés par l’Ordre. Ils ignorent qu’ils vivent prisonniers dans Kiméria. Ils ignorent tout du projet de la Migration. Ils sont gardés dans un écrin comme s’ils étaient eux-mêmes les "Perles de Verre". Ils sont vénérés au même titre que le Jeu.
L’Ordre justifie d’ailleurs l’abomination de l’enlèvement des enfants promis à la Castalie et la duperie permanente dans laquelle ils maintiennent les Castaliens au nom de cet immense respect : il prétendent protéger ces joueurs exceptionnels des distractions et des dangers du monde afin de préserver la force et la pureté du Jeu, vecteur – dans leur superstition quasi religieuse - de l’équilibre du Monde dans son entier…
Mais, si les Castaliens se libéraient du joug de l’Ordre, l’Ordre lui-même et le XIU s’effondreraient.
Nous devons infiltrer la Castalie.
Nous devons aussi et surtout questionner notre tendance à chercher les traces systématiques d'un complot dans toutes les positions du XIU et de l'Ordre. Le XIU et l'Ordre forment un système, un système qui s'autogénère et évolue malgré les choix individuels et les volontés personnelles.
Sachons revisiter nos positions, sachons nuancer.
Type de document : streetForce : notes internes
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
Vidocq, Eugène François
(1775-1857)
dit "le premier privé du monde"
Il fut voleur, il fut forçat, soldat, chef de la sûreté, pdg, écrivain.
Il inventa les méthodes d’investigations criminelles modernes et usa avec talent du marketing (est-ce que c’est la même chose, le crime et la pub ?).
Les "explorateurs" de son agence de détectives privés (la première de toutes avec abonnement anti-escrocs) portaient des sobriquets sympathiques : le cyclope, le faune, l'homme du monde, jeune premier à gants beurre frais.
Il avait installé ses somptueux bureaux près de la Cour des Miracles : au numéro 13 de la Galerie Vivienne.
36 ans avant lui, dans ce même passage, avait séjourné un autre mythe, un libérateur, un révolutionnaire : Simon Bolivar. Ils n’ont pas pu se croiser, 36 ans d’écart, faut pas exagérer…
Vidocq, on l’aime à cause de la série télé (mais pas du film), du générique de Gainsbourg "Oh, qui ne s'est jamais laissé enchaîner? Moi, oui, je le sais, je suis un évadé" et de Brasseur, le fils.
Il inspira Hugo pour les personnages de Jean Valjean et de l’inspecteur Javert, Balzac pour Vautrin dans "le Père Goriot", Dickens pour le fugitif dans "Les Grandes Espérances", Melville pour Moby Dick et E.A.Poe pour son "Double assassinat dans la rue Morgue". Impressionnant.
Il s’opposait à la peine de mort et dénonçait la froideur inhumaine des prisons. Il aidait les pauvres, punissait les coupables et sauvait les innocents. Il était tout à la fois Robin des bois, Arsène Lupin, Emile Zola et Sherlok Holmes.
A mon avis, il n’a pas vraiment existé. C’est trop pour un seul homme.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun