* Le terme "bréviaire" vient du latin "breviarium" que Sénèque emploie d'abord pour désigner un abrégé, un écrit sommaire (brevis - bref) puis qui deviendra, en latin médieval, un recueil de prescriptions (juridiques ou liturgiques).
* Repris en français, le bréviaire désigne un livre de prières. Enfin pas "un" livre : "le" livre, celui qui regroupe et signale toutes les louanges qui doivent être adressées à dieu. A chaque heure de chaque jour selon les rituels officiels de l’église.
* Au temps de Gutenberg, les bréviaires sont des véritables best-sellers et constituent pour les banquiers un investissement sûr au même titre que la bible, les calendriers, les lettres d’indulgence ou les grammaires.
* Par extension, le terme s’applique à tout opuscule qui sert de modèle et qui contient un enseignement indispensable.
* Mais, depuis la toute dernière fin de notre deuxième millénaire, le genre se démocratise : il sort de son aura divine ou quasi-divine pour gagner les simples sphères de la littérature. Il semble, en effet, que le bréviaire soit en train de supplanter le roman, l’essai et le recueil. Il rassemble des fragments d’information plus ou moins savantes, des pensées et considérations personnelles, des textes et parfois même des iconographies, autour d’un thème ou de rien : bréviaire méditerranéen, brèves de comptoir, cool memories, variations sur l’écriture, nourritures terrestres, odes élémentaires, livre des marges, encyclopédie du savoir relatif et absolu, Paris à pas perdus, l’adieu au baroque, villes imaginaires, Paris insolite …
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Vidocq, Eugène François
(1775-1857)
dit "le premier privé du monde"
Il fut voleur, il fut forçat, soldat, chef de la sûreté, pdg, écrivain.
Il inventa les méthodes d’investigations criminelles modernes et usa avec talent du marketing (est-ce que c’est la même chose, le crime et la pub ?).
Les "explorateurs" de son agence de détectives privés (la première de toutes avec abonnement anti-escrocs) portaient des sobriquets sympathiques : le cyclope, le faune, l'homme du monde, jeune premier à gants beurre frais.
Il avait installé ses somptueux bureaux près de la Cour des Miracles : au numéro 13 de la Galerie Vivienne.
36 ans avant lui, dans ce même passage, avait séjourné un autre mythe, un libérateur, un révolutionnaire : Simon Bolivar. Ils n’ont pas pu se croiser, 36 ans d’écart, faut pas exagérer…
Vidocq, on l’aime à cause de la série télé (mais pas du film), du générique de Gainsbourg "Oh, qui ne s'est jamais laissé enchaîner? Moi, oui, je le sais, je suis un évadé" et de Brasseur, le fils.
Il inspira Hugo pour les personnages de Jean Valjean et de l’inspecteur Javert, Balzac pour Vautrin dans "le Père Goriot", Dickens pour le fugitif dans "Les Grandes Espérances", Melville pour Moby Dick et E.A.Poe pour son "Double assassinat dans la rue Morgue". Impressionnant.
Il s’opposait à la peine de mort et dénonçait la froideur inhumaine des prisons. Il aidait les pauvres, punissait les coupables et sauvait les innocents. Il était tout à la fois Robin des bois, Arsène Lupin, Emile Zola et Sherlok Holmes.
A mon avis, il n’a pas vraiment existé. C’est trop pour un seul homme.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun