Rubrique " Paroles de Citoyens"
Le théâtre permet de dire avec les mots de quelqu'un d'autre sa propre colère.
Après, c'est comme si la colère devenait un objet plutôt beau, parce qu'il est mis en scène, parce qu'il est travaillé, parce qu'il est écrit.
Un objet qu'on peut regarder et qui est sorti de soi.
C'est moi. Et c'est là.
L'amour pareil.
Je vois des gens qui sont tellement débordants de violence et d'amour en même temps, qu'ils n'arrivent plus à faire la différence.
Et là, tout à coup, il y a Shakespeare.
Ils sont très très étonnés de retrouver dans Shakespeare tout cet amour et toute cette violence. Très étonnés d'être touchés. Très étonnés qu'on puisse dire tout ça avec les mots de Shakespeare.
Marcelle au Repas de quartier du 14 juin 2005
1er arrondissement
Type de document : XIU : journal officiel
Auteur fictif : Le Journaliste
Auteur réel : Marcelle
Provenance du texte : Printemps de la Démocratie
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
Vidocq, Eugène François
(1775-1857)
dit "le premier privé du monde"
Il fut voleur, il fut forçat, soldat, chef de la sûreté, pdg, écrivain.
Il inventa les méthodes d’investigations criminelles modernes et usa avec talent du marketing (est-ce que c’est la même chose, le crime et la pub ?).
Les "explorateurs" de son agence de détectives privés (la première de toutes avec abonnement anti-escrocs) portaient des sobriquets sympathiques : le cyclope, le faune, l'homme du monde, jeune premier à gants beurre frais.
Il avait installé ses somptueux bureaux près de la Cour des Miracles : au numéro 13 de la Galerie Vivienne.
36 ans avant lui, dans ce même passage, avait séjourné un autre mythe, un libérateur, un révolutionnaire : Simon Bolivar. Ils n’ont pas pu se croiser, 36 ans d’écart, faut pas exagérer…
Vidocq, on l’aime à cause de la série télé (mais pas du film), du générique de Gainsbourg "Oh, qui ne s'est jamais laissé enchaîner? Moi, oui, je le sais, je suis un évadé" et de Brasseur, le fils.
Il inspira Hugo pour les personnages de Jean Valjean et de l’inspecteur Javert, Balzac pour Vautrin dans "le Père Goriot", Dickens pour le fugitif dans "Les Grandes Espérances", Melville pour Moby Dick et E.A.Poe pour son "Double assassinat dans la rue Morgue". Impressionnant.
Il s’opposait à la peine de mort et dénonçait la froideur inhumaine des prisons. Il aidait les pauvres, punissait les coupables et sauvait les innocents. Il était tout à la fois Robin des bois, Arsène Lupin, Emile Zola et Sherlok Holmes.
A mon avis, il n’a pas vraiment existé. C’est trop pour un seul homme.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun