Les poèmes de Guillevic sont comme des haïkus : minimes. et pourtant, croyez-moi, ils n’ont vraiment rien en commun avec des haïkus. D’abord, parce qu’ils ne finissent pas : ses vers, tous ses vers s’enchaînent comme les années d’une vie, la sienne ou la nôtre ; ensuite parce que, pour lui, la concision n’est pas esthétique, il ne pratique pas la "bonsaï-poésie", je ne l’imagine pas du tout s’extasier devant un arbre mutilé et nanifié, encore moins devant des mots artificiellement resserrés, non. La concision est pour lui une nécessité, une économie, un héritage, un souvenir.
Type de document : DJ's classes : études comparées
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Un lieu n'existe que s'il est lieu-dit.
Les autres sont des mirages.
Tant que tu n'as pas dit un endroit,
Il n'est même pas un décor,
Il n'est même pas un transit,
Ton regard le traverse
Comme le néant, l'inutile, l'absurde.
Ma ville à moi, tu vois,
Elle se construit quand je la parle.
Si je n'en dis rien, elle n'est rien.
Et il en va de même pour un tas de chose.
Pour toi peut-être. Pour moi.
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Loula-Ludivine
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun