J'étais au square avec mon enfant.
Quelqu'un a ouvert la vanne de la mare et toute l'eau partait dans les égouts.
Les poissons commençaient à s'asphyxier. Il n'y avait plus d'eau et il commençaient à s'enfoncer dans la boue.
Les gens regardaient et ne savaient pas quoi faire.
Je me suis dit "on va pas rester comme ça sur les bords à regarder les poissons mourir."
J'ai enlevé mes chaussures, j'ai mis les pieds dans la boue et j'ai demandé aux enfants d'apporter les seaux avec lesquels ils jouaient. Nous les avons utilisés pour transporter les poissons. On en a sauvé 200 environ.
Les services de la Ville auraient pris trop de temps pour arriver et les pompiers ne voulaient pas venir.
Donc j'ai pris une décision rapide, j'ai pensé "il faut agir tout de suite, sinon il sera trop tard"
J'ai incité les gens à participer.
Un monsieur a fait comme moi, il a enlevé ses chaussures.
Et après, on a tous fait la chaîne.
C'est le même principe d'entraînement que sur le Carnaval.
Je suis aussi au Carnaval de Paris.
Là où je peux, là où je vais, j'essaie de lancer cette même tendance.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Anonyme
Auteur réel : anonyme
Provenance du texte : Printemps de la Démocratie
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Françoise Boutboul
Psychologue - Psychanalyste
Consultations sur rendez-vous
Françoise Boutboul marque notre époque à la fois par sa personnalité, son puissant intérêt pour l'enfance et sa décision d'œuvrer de tout son impact médiatique à la Cause des Enfants. Elle le fait au nom de la psychanalyse. Sur le thème de l'enfance en souffrance, elle rencontre la reconnaissance du grand public, auquel elle s’adresse par la radio tous les mardis après-midi sur France Culture. Les raisons de son succès valent d'être repérées. En effet, sa vocation première : devenir, dit-elle, "médecin d'éducation" - deux termes apparemment antinomiques - l'amène à innover en posant que, dès sa naissance, le bébé est un sujet. Et un sujet à part entière puisque plongé dans le monde de la parole. Elle s'inscrit là dans la mouvance de Jacques Lacan.
Le Monde, 15 juillet 1976
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Anonyme
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : 1