Comme le Romancero, le Récit Variable est traversé de mille thèmes, propose — dans un étrange effet kaléidoscopique — différentes versions d’un même incident, s’offre à chacun telle une matière première à triturer et à s’approprier.
Et surtout, comme le Romancero, le Récit Variable fragmente la narration en épisodes, refuse de dérouler une intrigue, réside en suspens dans la hauteur de l’évènement pris sur le moment et non dans sa continuité.
Cette esthétique du sommet et du fragment — ou plutôt du segment — est fondamentale dans le récit variable. Le récit variable ne raconte rien. Il sème des moments anodins qui s’insèrent dans des intrigues, lesquelles ne sont jamais complètement relatées. A force de déambulations et d’imagination, le lecteur peut, à la rigueur, les retracer. Mais est-ce bien nécessaire ? L’intrigue n’est-elle pas que le prétexte à la lecture ?
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Quand j'achète un carnet, j'ignore quel sera son usage.
Des mois, des années plus tard, je le retrouve, le sors de son cellophane ou de son empaquetage en papier de soie, en papier kraft, en papier blanc. Je me souviens alors de Vigevano, de Verone, de Sydney ou de Valparaiso et je pense à celle que j'étais, à celle que je suis, à mes visions d'alors, à mes conquêtes depuis.
Caché dans un tiroir secret, j'ai gardé ce carnet de lin noir que vous m'avez cousu. Dieu seul sait quand je l'écrirai. Et vous n’ignorez pas combien il m'est rare de parler de Dieu.
Au Dottore Pi
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun