Au centre, forums et grands magasins joyeux, revues des arts ménagers et de la mode, vénération de la haute couture et de l'épicerie de luxe, adulation des bijoux technologiques.
À la périphérie, centres commerciaux blafards, érection des entrepôts discount de la bouffe pas chère, déballage des bazars et des solderies, grouillement des échoppes kebbab et cartes téléphoniques.
Au centre, le chat policé se repaît dans le salon bourgeois. À la périphérie mis en train par l'abondance promise à tous et vantée partout sur les grands écrans, les rats puants guettent aux alentours les rogatons des banquets.
Nouveaux ghettos.
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Le Troubadour
Auteur réel : Léon
Provenance du texte : Printemps de la Démocratie
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
La littérature virtuelle ne désigne pas, comme on pourrait le croire, des livres qui sont lus sur des écrans.
La littérature virtuelle désigne des récits conçus pour exister sous différentes formes.
Des récits qui peuvent être tout à la fois
- des livres imprimés traditionnels ;
- des livres électroniques interactifs (hypertextes) ;
- des installations (labyrinthes, livres urbains ou citéLivres, expositions multi-supports ;
- des jeux dispersants ou "pervasive gaming" (des jeux à cheval entre la réalité et Internet).
Le livre devient virtuel parce qu’il peut virtuellement s’incarner sur n’importe quel support. Il n’est pas virtuel parce qu’il a quitté l’espace du papier et du palpable pour se réfugier dans un écran.
Mais, la notion de livre virtuel renvoie également à une deuxième caractéristique : les textes d’un livre virtuel peuvent être lus dans n’importe quel ordre. Il n’y a pas de début, pas de fin, pas de chronologie. De même, il n’est pas nécessaire de lire tous les textes. On peut lire un texte, dix, cent, mille.
Le livre est virtuel car ses textes peuvent - dans leur ordre et dans leur nombre - se prêter à des combinaisons infinies. Il est virtuel parce qu’il est variable et "fractal"