Les grandes personnes aiment les chiffres.
Quand vous leur parlez d'un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l'essentiel. Elles ne vous disent jamais: "Quel est le son de sa voix ? Quels sont les jeux qu'il préfère ? Est-ce qu'il collectionne les papillons ?"
Elles vous demandent: "Quel âge a-t-il? Combien a-t-il de frères? Combien pèse-t-il ? Combien gagne son père ?"
Alors seulement elles croient le connaître.
Si vous dîtes aux grandes personnes : "J'ai vu une belle maison en briques roses, avec des géraniums aux fenêtres et des colombes sur le toit...", elles ne parviennent pas à s'imaginer cette maison. Il faut leur dire: "J'ai vu une maison de cent mille francs". Alors elles s'écrient : "Comme c'est joli !"
Comprenez-moi bien : je ne dis pas qu'elles ont tort ou raison les grandes personnes.
Qu'est-ce que ça veut dire d'abord avoir tort ou raison ? Moi je sais pas.
Non. Si je vous raconte tout ça c'est parce qu'il faut bien dire pourquoi Loula elle arrivait pas à parler dans le monde des grandes personnes. Il faut bien le dire. Sinon on a trop de peine et on comprend pas comment c'était joli le silence de Loula. Comment c'était important.
remix St Exupéry
Type de document : chants des petits griots
Auteur fictif : Miss Tigri
Auteur réel : Antoine de Saint-Exupéry
Provenance du texte : Liste de l'éducation nationale
Référence : Le Petit Prince
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Fun store et associates, premier du genre - MODE, BOOKSTORE, GALERIE D’ART, BAR A EAU. Tacatatac Achic, bar à eau.
Musique techno (super Zik !)
Dans les escaliers, un ricain gracile me sourit, derrière madame. Connivence des riches qui zyeutent Dior : jupes de dentelle blanche dont il vaut mieux voir le prix en euros plutôt qu'en francs si tu veux pas syncoper direct. Dans l’trash style, je fais illusion pour les quinquaricains. Mais pas au bookstore. Sûr. Là on m’vire ! Zont eu peur de mon stylo.
PAS D’NOTES ! PAS D’NOTES ! HALTE A L’ESPIONNAGE GRAPHICOSCRIPT !
Demander la permission à Victoire. Victo QUI ? VICTOIRE DE ...
Protocole sans accord aucun. Méchant, virulent, l’était si propre pourtant ! Joli tout plein, le p’tit vendeur ASEPTICOMAN. L’avait du flair en +. L’a vu ksété du vrai, mes jeans, ma toile, mes pompes, pas du STREET RELOOKE COUTURE. Pourtant j’avais MUJI à la main et TSEN aux pieds. Pas dégueu mais pas assez. Zutflûte. Zétaient super les magazines.
"Zines et Zique à mon goût ?"
J’ai peur ! Et si j’étais une éclopée de la génération Colette ? Une accroc des stores-ilôts, une PRIVILETOC du Numer-Junk space ?
TERRIBLE ! À surveiller …
D’ailleurs, ils cherchent un vigile. Ya l’annonce sur la porte … des fois qu’un client huppé serait tenté par l’expérience trépidante de la haute sécurité … on n’sait jamais. Meantime, leur recrutement direct marche pas super : zont pas d’malabar qui garde le bar.
L’entrée est libre.
Warning : zone de haute concentration de XIU mercenaires
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun