des nouvelles de la police

Au 1er février 2004, le Haut Commissariat aux Affaires culturelles du XIU prît une décision qui fit date : tous les documents officiels devaient être typographiés dans la police de caractères « Times » de taille 14, et non plus en « Courier New » de taille 12 comme cela se faisait depuis des décennies.

Il est pour le moins étrange de constater qu’en parallèle les tenants de la Culture académique (qui la dénomment entre eux depuis bientôt un demi-siècle « contre-culture »), se sont entichés de la fonte Courier, celle-là même qui vient d’être abandonnée… Pas un site de l’internet sur la littérature électronique qui n’en fasse usage !

Or, déjà pointe en 2007, l’arrivée d’une autre police appelée à remplacer « Times », la « Calibri », digne progéniture issue de l’union consommée entre Times et Arial.

L’uniformisation du monde passe maintenant par le sérif avec des accents de « sans » … Titrage et corps de texte pourront être logés à la même enseigne. La mise en page est désormais régie par la feuille de style obligatoire. Tous les fondeurs indépendants ont d’ailleurs disparu. Aujourd’hui, fabriquer artisanalement une police de caractère constitue un acte de rébellion caractérisé ; nul ne peut conférer au texte une apparence qui n’ait pas été commercialement approuvée par le Consortium de la Lettre.

Enfin, n’oublions pas que l’objectif à terme, malgré une volonté officielle et affichée de respecter toutes les singularités linguistiques et culturelles, est de faire coexister uniquement trois polices de caractères dans le monde : une latine (la Calibri dans sa version anglo-saxonne), une chinoise et une arabe. Les autres langues du globe sont sommées de choisir l’une ou l’autre de ces polices.


Type de document : DJ's classes : le XIU

Auteur fictif : Anonyme

Auteur réel : Christophe Molinier

Provenance du texte : Participation

Commentaires : 1

Textes satellites : aucun

sortants

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Pierre dit P’tit Gars

Enfant, Pierre faisait de drôles de rêves qui duraient très longtemps. Il voyageait dans un univers parallèle, un Paris imaginaire, et il y retrouvait Loula. Loula, louna. Lou la Divine. Et puis les rêves se sont arrêtés. Il a appris un métier, il s'est marié, il a eu un enfant.

Pourtant, de temps en temps, comme à fleur de regard ou de peau, il a l’impression de sentir qu’il existe autre chose et que Loula est là. Près de lui.

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