BLACKBOOK - MODE D'EMPLOI - PROCEDE – FABRICATION
1. Construire le modèle d'un topos
2. L'affiner
3. Ecrire et sélectionner des textes pour constituer le noyau liminaire topos (minimum 100)
4. Indexer les textes
------
5. Mûrir le concept artistique
6. Vivre
-------
7. Penser et concevoir une dispositio (analyse des objectifs et moyens, détermination de la perspective, des thèmes et de l'organisation, etc.)
8. Faire l'extraction qui correspond à la dispositio
8. Editer l'extraction
9. Découper grossièrement l'extraction éditée par éléments
----------
10. Acheter le carnet (peut intervenir dans une autre position, pas forcément en 10)
--------
11. S'installer dans un lieu public 'in' périmètre [les halles in périmètre toujours]
12. Composer le blackbook d'un coup / URGENCE / art de l'instant, de maintenant, tout de suite / compulsion / dérivation / sex attitude / jouissance sauvage
13. Recouper les éléments sur le moment ; page par page
14. Coller les éléments
15. Commenter non : écrire encore avec le point 1 (le modèle) gravé dans l'inconscient
16. Noter l'heure de départ (point 11) et d'arrivée (point 16)
-------------
17. Faire passer.
[conçu à partir du blackbook Odyssée n°1]
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Le carnet n°7, le palimpseste, n’avait ni commencement ni fin : ses textes variaient en fonction du climat, de l’histoire et du besoin. Il apparaissait et disparaissait. Se remplissait et se vidait, s’illuminait et se ternissait. Il avait attendu plus de vingt ans dans un grenier que son prochain lecteur se décidât à l’écrire.
Perce-neige prit le carnet, le posa sur son bureau, un petit coin de table complètement englouti par un écran géant, un clavier ergonomique et autres périphériques. Elle savait exactement ce qu’elle devait faire. Elle sourit. Elle ouvrit le carnet, certaine, inspirée, résolue. Et immédiatement bascula dans un autre univers, une autre galaxie.
A chaque page, elle créait une étoile. A chaque texte, un croisement. A chaque mot, un passage. Elle construisait sous ses doigts un territoire, une spatialité, un récit.
Elle façonnait des perles transparentes où la musique des verbes retrouvait celles de la matière pour inscrire des nombres dans le cœur de sa conscience.
voix II
Où était-elle, Loula ? Où partit le Capitaine ?
Dans un vortex, un ouragan, un processus, une insertion. Elle était ce tunnel même qui creuse les espaces. Elle n’était plus dans aucun lieu mais dans la mécanique du mouvement. Elle forait plus loin que le réel, plus loin que la fiction, plus loin que les chiffres. Elle arpentait ces vides suspendus qui rejoignent tous les lointains. Elle les tendaient, elle les filaient. Elle voguait aspirée par ses chants de gravitation. Elle était devenu capitaine.
voix I
Rencontra-t-elle des voyageurs ?
Elle était le voyage. Pas la destination. Aucune escale. Seule la navigation.
voix II
Mais ses ennemis, parle-nous de ses ennemis !
voix I
Et ses batailles, raconte-nous ses batailles !
D’une autre geste vous l’entendrez. Je suis Loula, la décharnée. Mes airs à moi sont des cités, des petits objets, des ravagés. Et quand le Capitaine je chante, ce n’est pas pour la chanter.
En ce qui me concerne, j’ai dit ce que j’avais à dire.
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Loula-Ludivine
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun