streetForce ne propose pas de démocratiser le Voyage : ne vous y trompez pas, Amici.
streetForce participe à cet élan culpabilisateur et destructeur post-moderne qui voudrait que chacun fût capable de l'exceptionnel et de la réalisation absolue.
"Il ne faut jamais plus de 12 ans de travail quotidien pour développer ses dons innés au Voyage ; chacun peut traverser les Espaces à la Force de son Esprit", clament-ils dans leur propagande.
Mais qui peut, jour après jour, cultiver la Force de son Esprit avec constance et espoir, malgré les échecs répétés, malgré les vicissitudes du quotidien, malgré les émois et les batailles ? Qui a cette discipline ? Qui a cette grâce ?
Non seulement, ce dogme fait peser sur l'individu impuissant le poids de sa propre limite et le rend responsable d'un inné qui ne répond en rien aux principes d'égalité, mais de surcroît, il délégitime les prothèses qui —elles seules— viennent compenser les inégalités et qui elles seules assurent la sécurité des voyageurs. Ne l'oubliez pas, ne l'oubliez jamais, les accidents temporels existent dans le Voyage spontané.
La véritable démocratisation du Voyage passe par les vortex-implants.
Une démocratisation, ne mentons pas, qui ne peut être absolue car tout le monde ne peut pas supporter psychiquement de traverser les espaces. Le Voyage Interspatial autogéré requiert une construction identitaire aboutie et stabilisée. Le rendre accessible à tous est plus qu'une insouciance, c'est un crime.
Ainsi, Amici, nous seuls sommes capables de créer la Justice du Voyage en sélectionnant sans discrimination les personnalités aptes à voyager pour leur offrir l'Implantation et l’Assimilation au Symbion.
Note aux Miliciens de l’APO
Type de document : XIU : notes internes
Auteur fictif : Sgarideni
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
Complainte des femmes de la ville en l’an deux mille :
Que sont les hommes devenus,
Les avons-nous vraiment perdus ?
Faudrait-il croire que c’est fini
Pour nous les femmes d’aujourd’hui ?
Que le modèle des hétéros
Ne marche plus, qu’il est zéro ?
Dans cette grande révolution
On a laissé notre passion
On bosse on trime on se démène
Pour trinquer seule en fin d’semaine
La gym, le taf et les enfants
Les courses, la bouffe : y’a plus d’bon temps
En plus faudrait qu’on reste belle
Et jeune et mince et pas rebelle
Qu’on soit toujours sur la sellette
Qu’on rit, qu’on cause qu’on soit pas bête
Et vous messieurs vous n’avez plus
Qu’à vous servir d’not’joli ...
Et vous messieurs vous n’avez plus
Qu’à vous servir d’not’joli …
Que sont les hommes devenus,
Les avons-nous vraiment perdus ?
Que sont les hommes devenus,
Les avons-nous vraiment perdus ?
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Griotte
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun