les quatre paroles

Le Récit est notre origine, notre voie, notre moyen et notre destination. Nés du Récit, nous vivons en lui, nous le créons et nous le portons.

Le Récit nous précède et nous constitue. Pourtant, nous le choisissons.

Chaque parole, chaque représentation, chaque expression du Récit est unique. Aucune ne le restitue. Aucune ne le révèle. Le Récit se ressent dans l'infini de ses variables au moment même où il prend forme.

Garder le Récit n'est pas notre fonction ni notre nature. C'est notre nécessité. Un élan, un sens, un mouvement, que rien ne peut arrêter. Se soustraire au Récit, c'est mourir au plus intime de notre essentiel.

Celui et celle qui sait cela de soi est un Cimmérien.


Type de document : archives cimmériennes (XIU)

Auteur fictif : Anonyme

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : CL

Commentaires : 1

Textes satellites : aucun

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il ne vivait pas

Il ne vivait pas sur une péniche, il ne vivait pas dans une maison, il ne vivait pas sous les ponts. Il parlait à peine. Il souriait avec les yeux.

Il avait pour passion de regarder les gens comme d’autres veulent allumer les étoiles.

Non, ce n’était pas un enfant perdu, ce n’était pas un ange ni une hallucination.

C’était un p’tit gars comme les autres.

Sauf qu’il ne dormait pas. Jamais.
Sauf qu’il ne mangeait pas. Pourquoi ?

Le voyait-on seulement ? Je ne sais pas.

En tout cas, une nuit de juin, un peu avant l’été, sur le quai de Conti, il s’était arrêté pour regarder une petite fille en pyjama qui ronflait là.

C’était très joli.

Lui qui ne dormait jamais était en train de contempler son premier rêve.


Type de document : chants des griots

Auteur fictif : Griotte

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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