neruda mythique

Neruda mythique, tu crées les mythes à venir et les mythes oubliés. Tu rends à la terre américaine ses lettres que l’oralité aurait pu lui dérober dans son inexorable agonie.

Toi seul a chanté l’épée incandescente qui brûlait pour protéger le paradis et empêcher Rhodo, le dernier homme, et Rocia, la première femme, de devenir immortels.

Il fuyait les grandes dévastations qui avaient décimé l’humanité, décidé à fonder un royaume de solitude ; elle était l’unique survivant/e de la cité des Césars, légendaire Eldorado austral.

La fable et la réalité avaient échoué, succombé. Il ne restait plus que le minéral et l’animal dans un espace glacé et enneigé.

C’est alors que – là où la planète se rompt - Rhodo et Rosia se rencontrent, s’aimantent et s’acceptent.
A la puissance de leur corps à corps, ils creusent un tunnel large comme la vie et reconquièrent l’éden.

Grâce à toi, le poète, ils sortent vainqueurs de ce combat contre dieu et contre la mort.

Tu as écrit cette rhapsodie en une série de textes autonomes qui – lus l’un après l’autre – relatent l’histoire de la reconstruction de l’humanité et – pris au hasard – retentissent comme un hymne à l’élémentaire, à l’amour, à l’humain, aux terres magellanes.

Sans aucun doute ta chanson de geste me hante.
Sans aucun doute, c’est elle que je cherche désespérément à écrire.
Sans aucun doute, la structure de cette épopée inspire la construction du "récit variable".

Tu es le seul instigateur de cette odyssée.

A Pablo Neruda


Type de document : correspondances

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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où nous les entendons

Voix II
Et un jour il l'ont emmenée. L'ont happée. L'ont emportée. Ne pouvait pas résister. Son corps, je veux dire. Elle a dû en extraire la sève, la puissance, la volonté. Se retirer. Lui laissait-on le choix ? Plus loin que sa peau, que ses tripes, que son sang. Elle devait glisser. C'était une nécessité. Aller ailleurs. Au plus intime. Là où personne ne la retrouverait.

Voix I
Pourtant je crois …

Voix II
Oui.

Voix I
N'est-ce pas là précisément qu'elles se parlent ?

Voix II
Que nous les entendons.


Type de document : chants du chœur

Auteur fictif : Voix I & Voix II

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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