Je suis assise tout au fond du café qui s'est vidé.
La vitrine comme un écran panoramique.
La rue comme le plus magnifique plan-séquence.
Les poissonniers harranguent les passants en bonnet brillant de Père Noël, le boucher en canotier transporte un immense bouquet, le marchand de quatre saisons emplit l'étalage dégarni.
Après demain, c'est Noël et jamais les rues n'ont été si vides en ces époques d'étrennes. Jamais l'ambiance des fêtes n'aura été si tardive. La rue sent la peur de demain.
La lumière est blanche. Que c'est beau pourtant.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
Ils ont accès aux Mémoires Absolues. Ils sont capables de les déchiffrer et de les retranscrire. Il leur arrive de "dérusher" des moments de vie ou bien de prendre des notes de décryptage.
Les Greffiers sont des entités étranges. Peut-on les dire humaines ? Chimériques ? Vivantes ? Elles connaissent les articulations secrètes de l'invisible.