Les poèmes de Guillevic sont comme des haïkus : minimes. et pourtant, croyez-moi, ils n’ont vraiment rien en commun avec des haïkus. D’abord, parce qu’ils ne finissent pas : ses vers, tous ses vers s’enchaînent comme les années d’une vie, la sienne ou la nôtre ; ensuite parce que, pour lui, la concision n’est pas esthétique, il ne pratique pas la "bonsaï-poésie", je ne l’imagine pas du tout s’extasier devant un arbre mutilé et nanifié, encore moins devant des mots artificiellement resserrés, non. La concision est pour lui une nécessité, une économie, un héritage, un souvenir.
Type de document : DJ's classes : études comparées
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Tu es dans un couloir que tu n'as jamais emprunté mais qui pourtant t'est familier. Il y a une bande verte tout le long du couloir. Il y a des hommes et des femmes en blanc. Tu ne peux pas distinguer leur visage. Tu cours jusqu'à épuisement, des fois. Tu te retournes pour voir si tu n'es pas poursuivi par quelqu'un qui tient une seringue à la main. Puis, tu t'évanouis et tu t'endors. Quelques heures après, tu te réveilles.
C'est la première fois que tu frôles la mort.
Tu as huit ans et tu as eu un accident de voiture sur la A11.
Type de document : chants des petits griots
Auteur fictif : Griotin
Auteur réel : Neena M.
Provenance du texte : Ateliers scolaires
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun