l'ange de Toul

J'ai rencontré l'Ange de la rue de Toul. Tout mon chemin, mes courses, mes arrêts avaient été orchestrés pour que je le rencontre.

Il m'attendait à l'angle du passage Chaussier.

- Vous avez l'heure?

Je m'arrête, méfiante. Après l'heure, les euros. Je me raisonne et me dis que je ne sais pas. Qu'il vaut mieux ne rien présumer ni anticiper. Les vagabonds sont parfois ou souvent des voyageurs. Je sors mon téléphone portable du sac.

- 11h50.
- Et un mot d'encouragement ?

Là, mes doutes se dissipent. C'est bien un ange. Un envoyé de Kiméria.
"Vous n'êtes pas seul".

Ces yeux bruns sont sans fond. Il est bon. Je reçois tout l'amour des 3 Espaces et d'au-delà par son regard. Profondeur illimitée. Essence du relief.

Anti-platitude? Anti mensonge attitude.
Il me remercie. Je le remercie.
Et je comprends.

Il m'a donné le temps, le courage, le soutien et la protection.

Et il a eu l'absolue élégance de prétendre qu'il me les devait.

Merci, mon Ange.


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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année après année

< lui >

année après année
< exhalait > de moins en moins de traces dans la ville
année après année
< amputait > leurs retrouvailles

< avait été > le maître de cet ailleurs
< en devenait > un voyageur
un visiteur
un absent

[par lui]

<< avait appris >>
les cartes de ces terres
sans temps ni froid ni faim

<< elle >>

<< avait été >> l’étrangère
<< en devenait >> la gardienne
la solitaire
la guetteuse

[pour lui]

<< sortait >> de ses refuges
<< vagababondait >>

en promenade chaque soir
<< se montrait >>
<< questionnait >>

Soliloques estropiés
Sur les observatoires du ciel ou des enfers
Sur les pavés
Dans les souterrains ramifiés

<< revenait >> avec la nuit
parfois
avec le jour
quand
une élude - un rapprochement
rarement

Oui dehors
Eux - leurs yeux - leurs oreilles
Esquivaient - résorbaient
Ses stases - ses stances

oui ainsi - oui soudain
elle vit – elle sut
* le monde existait
* << n’était>> pas comme eux << elle >>
* < avait migré > < lui >
estivage ? non. Conversion

La souffrance fut comme du sang noir
qui monte sans fatigue dans les veines.

Une lèpre du cœur.

Ultime retour au Réel.


Type de document : vers

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Référence : Marguerite Duras. India song.

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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