Les meilleures plumes se font à force d'obstination.
Quand on les essaie pour la première fois, on pressent qu'elles prendront la suite de notre corps.
Alors s'initie une âpre confrontation, un dressage au cours duquel Il faut imprimer à la plume son angle d'attaque, sa friction, sa cadence.
Tant qu'elle résiste, le doute tente de l'emporter et de nous faire abandonner. Mais, si l'on persiste, alors, un jour, un soir, elle nous invite à écrire dans une sensualité qui nous donne le frisson. La jouissance des mots qui marquent la page sous notre instinct. Sans entrave. Dans une symbiose absolue.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
La tasse n’est plus chaude mais quand on la saisit, l’index reste relevé comme par mémoire du moment sacré de la première gorgée. Le café a refroidi, normal! Un peu de marc patauge. Boire ou ne pas boire ? Il faut savoir s’arrêter avant la fin, avant la lie. Juste avant. Contempler le fond et se retenir de plonger une dernière fois. Avoir ce courage. Rester assis devant une tasse presque vide et ne pas se sentir obligée de boire ni de partir. Choisir. ""Monsieur Grégory Corso, qu'est-ce que la puissance ?" "rester debout au coin d'une rue et n'attendre personne" - j’ai rêvé new york, j’ai rêvé new york, new york city sur hudson ..."
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun