Tribut Baricco
Tu touches l'âme. A la façon de Bach. Les lignes mélodiques se reprennent, congruentes et divergentes. Toujours dans un rythme secret qui fait écho au centre de tout.
Tu relèves du génie et en même temps tu uses d'un filon débusqué, grand filou, chercheur d'or poétique. A la façon de Goldmann (Jean-Jacques) qui a compris la mélodie du bonheur mélancolique.
Je n'arrive pas à me décider pourtant : nous entraînes-tu vers un passage ? Ou joues-tu des cordes de notre âme juste pour la faire chanter. Un instant à peine.
D'accord. Sentir son âme chanter, un instant à peine, c'est déjà un miracle. Un samadhi (uncle sam a dit ?).
Une réparation.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Ignorante des formes et détails botaniques,
incapable de les voir, de les retenir, de les différencier,
je regarde les verts de tous ces arbres que je ne peux nommer.
Et oui,
c'est un chêne, un châtaignier, un cèdre,
un pin, un épicéa, un prunier, un figuier.
Ah oui ?
Et dans cette aphasie, il ne me reste qu'une grâce : remercier.
Remercier que ce vert de malachite ne soit pas de Véronèse,
qu'il ne soit pas bleuté,
qu'il ne soit pas émeraude, empire,
jade, jaune, tilleul, turquoise, olive, pomme, prairie, printemps.
Remercier que tous les verts s'accordent
dans des combinatoires
que mes yeux ne savent pas décomposer.
Mais dont ils savent jouir.
Ta terre.
à l'homme des montagnes
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun