Ligne 14, BNF, des pas de pvc violets guident les miens, l'odeur du métro, évanescente comme celle de la fleur de sureau, presque absente, presque désagréable, m'emporte dans le gouffre, où chaque moment est une frustration.
Le flux m'éloigne des visages que je croise, les affiches n'ont pas l'occasion d'être lues, le quai égrène sporadiquement des sièges inconfortables, où sont condamnés à rester ceux qui ne sont pas en transit.
S'habituer à marcher. Vite. Monter. Descendre. Stopper net.
Apprécier à peine cet arrêt sur image.
Entrer. Vite. S'asseoir. Céder sa place.
Trouver un appui précaire, tandis que le roulis nous passe au tamis.
Sortir. Vite. Monter. Descendre.
Tourbillonner jusqu'à lair libre.
Promiscuité factice.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Fanfan
Auteur réel : poisson soluble
Provenance du texte : Participation
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
Devant moi, dans ce bistrot où je suspens quotidiennement le cours des événements jamais plus d'un quart d'heure, avant de regagner mon appartement, je remarque pour la première fois la fenêtre ouverte, qui bascule vers l'extérieur.
Il fait déjà nuit dehors, et les lumières du café se reflètent sur la vitre, mon visage aussi dans un même mouvement.
Bleuté, il se superpose aux contours brumeux de la rue, aux flâneurs qui viennent interrompre quelques instants la quiétude fixe des affiches s'imposant à mon regard.
La glace, légèrement poussée vers le dehors, déforme la perspective, mais ce pourrait être aussi bien moi qui suis de guingois.
J'existe dans ce reflet, et il n'existe que pour mon regard.
La patronne referme la fenêtre d'un mouvement sec, mon double virtuel a disparu.
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Arte Miss
Auteur réel : poisson soluble
Provenance du texte : Participation
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun