Combien longtemps j’ai patienté avant de saisir ce coupe-papier – qui attendait là, à portée de main, à sa place, rangé – et d’ouvrir - sonores - les pages de ce livre ("l’eau et les songes" de Bachelard) que je crois posséder depuis près de dix-sept ans, reflet d’une lecture et d’une pensée qui attendent, patientes - que ma lente rébellion contre le "savoir" s’amuse et s'use. Mais je ne lirai pas ce livre, non. Je ne sais toujours pas lire ... je le rêverai…
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Dans un faisceau de lumière, mon chat blanc. Gracieux. Fier et digne. Hautain. Beau si beau. C'est la nuit.
Premier réflexe : abréger l'instant. Rendre plus court encore cette impermanence qui doit cesser.
Et puis non ! Si j'étais au cinéma ou devant un écran, je me serais délectée de ce plan très long. Mais là, chez moi, je voudrais zapper ! Comme si la beauté avait maintenant besoin du filtre de la caméra. De cette captation qui en assure la permanence. L'éternité.
Ne puis-je déjà plus jouir du réel ?
Suis-je contaminée par l'image ?
Mon intérêt n'est-il plus suscité que par la retransmission ?
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun