— « Vous devriez vous occuper de cette affaire, Sgarideni. Tout porte à croire que le capitaine L. se déplacera en repérage à Noisy-le-Grand avant le colloque. »
— « Au contraire, si elle prépare une campagne de spamming, elle n’a pas besoin de se déplacer. »
— « Vous connaissez son mode opératoire : elle écrit tout. Elle prend des notes, rédige des chroniques et les diffuse en toute illégalité. Surtout quand elle essaime l’existence des 3 Espaces et du Voyage dans un de nos fiefs. Elle veut nous narguer. Elle s’amuse. »
— « Oui, mais cette fois c’est différent. Nous avons pu déchiffrer 75 caractères dans le message. Or, d’ordinaire, si nous déchiffrons 75 caractères, nous sommes capables de déchiffrer l’intégralité. Mais là, non. 75 caractères et rien de plus. Je pense que StreetForce a voulu que nous décodions ces informations-là, et celles-là seulement. Il s’agit sans doute d’un leurre. Ils veulent détourner notre attention. Ils se doutent que si le capitaine L. est impliquée, vous allez m’envoyer sur les lieux. Ils veulent me mettre hors circuit pendant qu’ils avancent vers une nouvelle piste menant au Gardien.
— Tant que vous n’avez pas de preuves plus solides à m’apporter, je maintiens mon ordre. Postez-vous à Noisy-le-Grand et surveillez le passage qui mène à Louis-Lumière. Pour ma part, je me rendrai au colloque. »
Type de document : minutes des mémoires absolues
Auteur fictif : Les Greffiers
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Pas âme qui vive à cette heure grise où le fleuve se tamise d'une lumière rasante et où souffle la brise nocturne qui lèvera le mascaret.
Ombre parmi les ombres, il s'évanouit le long des quais désertés et se pénètre des puissants remugles remontés des profondeurs où se mêlent, indéfinissable jus, l'odeur de la vase stagnante et le parfum emmiellant des acacias .
Impossible de se situer dans ce paysage de lignes brouillées aux confins de la ville.
Il s'ébroue avec vigueur, comme si ce geste pouvait lui restituer sa part de réalité .
Il scrute au loin le front de fleuve qui se dresse de l'autre côté de la rive. A perte de vue, un mur d'immeubles majestueux, pierre blanche et encorbellements en ferronnerie.
D'où il est il ne peut pas voir le détail des ciselures et des sculptures mais il a brusquement la vision fulgurante et définitive d'un décor étrangement familier.
Il le reconnaît et soupire : enfin !
Type de document : chants du chœur
Auteur fictif : Le Troubadour
Auteur réel : ERL
Provenance du texte : Participation
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun