j'avance

J’avance. Je ne peux pas reculer. Il n’y a que l’avant, jamais d’arrière. Impossible de me retourner. Le concept même de retour ou de passé est inaccessible. Ceux d’ici l’ignorent. Comment pourraient-ils concevoir l’inconcevable.

Peut-on seulement parler de temps dans cet espace absolument linéaire où l’on est insondablement poussé en avant ?

L’arrêt et le mouvement sont les deux positions.
L’ici et l’ailleurs.
Les lignes avancent parallèles sans jamais se toucher.
Parfois une mutation, une rupture, un saut, une fissure, un effondrement, une aspiration. Pour se retrouver à côté, ni au-dessus ni en dessous, mais toujours plus loin.

Le cheminement se fait côte-à-côte sans se heurter, puis l’on se perd.

Seul le point de fuite, devant. Pas de tectonique. Pas d’axonométrie.
Des simultanéités qui s’ignorent.

Lieu de l’oubli et de l’ignorance. De la solitude et de l’espoir : « plus loin peut-être, je me souviendrai. »

Lieu de promesse : « plus loin peut-être, je serai ici et alors naîtra brièvement l’idée du passé. »


Type de document : journaux de bord

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : CL

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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pousser la porte

Je me souviens du poinçonneur des Lilas, du café de Gainsbourg et de ces portes métalliques énormes, fermées à l'approche du métro...

... Faut-il courir ou ralentir, faut-il entrer ? ...

Oui, pousser la porte et se retrouver dans le souterrain des Halles de La Villette. L'odeur acre du sang des bêtes m'enivre, des lambeaux de peau tapissent le tunnel.

Où suis-je ?


Type de document : carnets du jeu

Auteur fictif : Sgarideni

Auteur réel : Annivre

Provenance du texte : Participation

Commentaires : aucun

Textes satellites : 2

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