le temps du voyage

Quand un voyageur bascule dans Kiméria, son corps disparaît de l'espace réel (Erel) .

La grande question est celle du temps de l'absence.

Le temps de Kiméria n'est pas celui d’Erel.

Il est possible de vivre une vie entière dans Kiméria et de revenir au monde réel à l'instant même de son départ. L'absence physique est alors si brève qu'un clignement d'œil la masque. La plupart des gens ont - en observant le voyageur - l'impression d'une lenteur, d'un retard.

Toutefois, une telle maîtrise du temps du voyage requiert un long apprentissage et une véritable aptitude. Seuls quelques grands initiés y parviennent.

Les voyageurs - Adeptes ou Nomades - qui n’ont pas suivi d’entraînement, ne contrôlent pas le ralentissement du temps : leur absence corporelle est proportionnelle à la durée de leur séjour dans Kiméria.

Le cas est particulièrement flagrant chez les enfants. Ils sont littéralement absorbés par l'autre côté et réapparaissent tout aussi curieusement qu'ils ont disparu, dans leur lit, à l’école, au parc ou dans la baignoire, parfois beaucoup plus âgés.

Certains d’entre eux ne reviennent jamais. On les appelle les enfants perdus. Les enfants perdus ne grandissent pas. Ils se transmutent dans la substance même des rêves.

Mais il existe également des Voyageurs de l'Enfance dont le corps ne se dématérialise pas. Seul leur esprit voyage. On parle alors de voyage astral .

Cette forme de voyage est peu fréquente chez les adultes. Elle cesse généralement après la puberté.

Signalons également quelques phénomènes rares (mais avérés) d'accélération temporelle : le séjour dans Kiméria paraît très bref au voyageur, mais le temps écoulé dans Erel a été très long. Quand le voyageur revient, il est chenu et le monde entier a changé. Il a perdu sa vie.


Type de document : DJ's classes : l'art du voyage

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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new york bagels

Rue du pas de la mule, art de charlot (m’sieur Fazzino), galerie

New York * les bagels * les grandes marques * les cafés et les cafétérias * les taxis qu’on imagine comme dans les films, les séries et les sitcoms : Woody Allen, De Niro, Phœbe dans Friends, Carie Bradshaw qui rentre chez elle après une nuit folle et mondaine et tous les chauffeurs sikhs aux grands rubans enturbanés * une femme pressée croque dans un donut * les étages s’entassent, les dollars aussi.

Caricatural ? Non, essentiel ! Les mythes font rarement dans la dentelle.


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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