- Je crois qu'écrire est mon unique souvenir. Mais toi, Loula, même perdue dans cet espace si froid, d'avant ou d'après le monde, dans cet espace de formes et de modèles, tu te souviens. Les chantres ne peuvent pas oublier. Ils ont de la mémoire.
- Non. Ils sont la mémoire. Comme la vie est le corps ou l'esprit ou le vent ou les grains de sucre éparpillés autour d'une tasse de café, traces du mouvement de la main, de la souche, de la parole qui saigne au-dessus d'un papier à cigarette sur lequel quelques mots d'adieu ont été écrits. Et si je suis la mémoire, Capitaine, comment pourrais-je l'avoir ? Je suis en mémoire comme d'autres sont en vie. Comme tu es en oubli.
Type de document : minutes des mémoires absolues
Auteur fictif : Les Greffiers
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Rue du pas de la mule, art de charlot (m’sieur Fazzino), galerie
New York * les bagels * les grandes marques * les cafés et les cafétérias * les taxis qu’on imagine comme dans les films, les séries et les sitcoms : Woody Allen, De Niro, Phœbe dans Friends, Carie Bradshaw qui rentre chez elle après une nuit folle et mondaine et tous les chauffeurs sikhs aux grands rubans enturbanés * une femme pressée croque dans un donut * les étages s’entassent, les dollars aussi.
Caricatural ? Non, essentiel ! Les mythes font rarement dans la dentelle.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun