Tes baisers ont exploré l'orée de mon territoire, avec réelle présence. Aucune hésitation ni précipitation.
"Demain viendra", disaient-ils. "Vivons aujourd'hui pour son présent, pour sa conquête surprise et sereine."
"Demain viendra", me disais-tu, en penchant ta tête contre la mienne, en cherchant mes mains, mouvement commencé il y a longtemps déjà.
Dis-moi, ce désir, cette affection, cette appétence, cette joie, nous appartient-elle, à toi, à moi, ou bien s'est-elle accumulée au fil des ans comme un capital attendant échéance ?
Sommes-nous la cause de cette rencontre ou son hasard ?
Serons-nous à la hauteur de tout ce potentiel que nous portons ?
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Je reprends une de vos remarques. Je ne suis pas d'accord avec vous : non, les papiers dans la pochette de mon carnet noir ne sont pas des paperolles. Ce sont des oublis.
Mais - comme de coutume - ma contestation confirme votre intuition : les paperolles que Monsieur Proust ajoutaient à ses carnets pour compléter ses écrits annonçaient les procédés d'organisation au sein des espaces virtuels littéraires.
Comme des "remix", les paperolles viennent étoffer la narration. Ils réécrivent interminablement des épisodes du récit. En inventent des nouveaux. En détaillent des anciens.
Transformation / expansion permanente.
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun