sociologie de la presse

Avez-vous remarqué qu’il existe une sociologie de la presse des salles d’attente ?

- chez les notaires, des revues de yachting ou de golf : "faites-moi confiance, je suis riche".

- chez les psys, des catalogues d'enchères : " au bout de dix ans d'analyse trihebdomadaire à dépassement d'honoraires non remboursé, vous m'avez déjà aimablement offert un appartement. Avant votre nouvelle séance, je vous en prie, admirez les prochaines œuvres d'art que vous allez m'acheter ! Après tout, nous sommes entre gens cultivés".

- à côté de ça, La Revue des Montres de mon dentiste pourrait ressembler à une preuve d’humilité mais ne vous y trompez pas ! Elle révèle seulement sa jeunesse : la trentaine "Je débute ma carrière. Pour l'instant, je m'intéresse aux montres. Dans quelques milliers de couronnes et d'implants, on passera aux voitures de course" ;

Faut-il préciser que je déteste les dentistes ? Je suis complètement phobique / névrotique / résistik - depuis toujours - depuis la première fois - j’avais 6-7 ans - je ne comprends pas d’où nous vient ce courage d’ouvrir nos lèvres et de nous en remettre à un inconnu.


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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vigevano

"Allez-y ! Punissez-moi !
Envoyez-moi en colonie, en montagne, à la mer.
Allez-y ! Extrayez-moi ! Bannissez-moi ! Exilez-moi !"

- Mais qu’est-ce qu’elle raconte ? Loula, tu ne vas pas en colonie, nous partons tous ensemble !
- Ne t’inquiète pas, mamour, on ne va pas te laisser toute seule…


"Je ne veux pas partir, pas de dépaysement
surtout pas de vacances, je ne veux pas de changement !
Je ne veux pas trahir la verve qui me chavire,
gardez vos paysages, reprenez vos voyages.
Je ne veux pas partir, je veux Paris, seulement."

- Parle normalement chérie, s’il te plaît ! Parle normalement, fais-moi plaisir...
- Et prends ton sac, ma puce ! Je ne peux pas tout porter !


"Ici ou là
Je suis l’agent de liaison"

- Elle ne comprend même pas ce qu’elle dit ! Tu ne comprends même pas ce que tu dis ...
- Voyons, arrête ! Laisse-la s’exprimer enfin ! Tu t’étonnes, après, qu’elle fasse des fugues ! Mais si tu ne la laisses jamais parler, c’est normal qu’elle ...
- Pas devant les enfants, tu veux ? Tout à l’heure ...
- Tout à l’heure, nous ne serons pas seuls non plus, nous serons dans le train.
- Tout à l’heure.


"En ville ou à la campagne,
en France ou en Italie,
A Vigevano ou à Issy
Quelle différence ?"

- Qui a la mallette de jeux ?
- C’est moi !
- Fais bien attention à ne perdre aucun pion ...
- On jouera aux petits chevaux, dis ?
- Oui.
- Et la belote, tu m’apprendras à jouer à la belote ?
- Tu es trop petite.
- T’es méchant, tortue, tu dis toujours ça ...
- Je suis pas méchant, c’est comme ça. Loula aussi, elle est trop petite pour la belote.
- C’est parce que tu veux être le seul à jouer avec papa et avec maman.

"Autant d’illusions que je subis ?
Mais je suis Ici
Et, ici, profondément :
C’est toujours Paris"

- C’est très joli ma chérie, mais on doit partir maintenant, d’accord ?
- C’est très joli ? C’est n’importe quoi, oui ! Et toi tu l’encourages, de mieux en mieux. Il faut ramener cette petite dans le réel, dans la ré-a-li-té ! Tiens, porte-la, toi, la mallette de jeux, Loula ! je te nomme "responsable de la mallette". Et chante des comptines, des comp-tines !
-"Pomme de reinette et pomme d'api, tapis, tapis, tapis rouge, pomme de reinette..."

"Je suis le chantre, je suis le chantre, l’agent de li-ai-son.
Je suis le chantre, je suis le chantre, l’agent de li-ai-son..."
15 juillet 1976 + 2ans


Type de document : minutes des mémoires absolues

Auteur fictif : Les Greffiers

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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