Pas âme qui vive à cette heure grise où le fleuve se tamise d'une lumière rasante et où souffle la brise nocturne qui lèvera le mascaret.
Ombre parmi les ombres, il s'évanouit le long des quais désertés et se pénètre des puissants remugles remontés des profondeurs où se mêlent, indéfinissable jus, l'odeur de la vase stagnante et le parfum emmiellant des acacias .
Impossible de se situer dans ce paysage de lignes brouillées aux confins de la ville.
Il s'ébroue avec vigueur, comme si ce geste pouvait lui restituer sa part de réalité .
Il scrute au loin le front de fleuve qui se dresse de l'autre côté de la rive. A perte de vue, un mur d'immeubles majestueux, pierre blanche et encorbellements en ferronnerie.
D'où il est il ne peut pas voir le détail des ciselures et des sculptures mais il a brusquement la vision fulgurante et définitive d'un décor étrangement familier.
Il le reconnaît et soupire : enfin !
Type de document : chants du chœur
Auteur fictif : Le Troubadour
Auteur réel : ERL
Provenance du texte : Participation
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Quand il est arrivé sur le quai du TGV, le projecteur s'est allumé. J'ai cru voir Gérard Lanvin dans la Belle Histoire. Pas en prophète : en explorateur. Si beau que j'en étais gênée. Et ses yeux. Ses yeux atlantique. Bleus. Sans bord. Évidemment.
Je n'aurais jamais dû lui parler. Le retenir. Le chercher.
Rencontré sur un quai, il n'était pas un voyageur. Il n'était qu'un passant, maître dans l'art des illusions.
Me reste toutefois la nostalgie de celui qu'il prétendait être, qu'il n'était pas, et que j'aurais pu aimer.
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun