Et si j’les zem, les Halles, j’y peux rien. J’aime leurs gueules, j’aime leurs bandes, j’aime leurs locks de rastas, j’aime cette faune à laquelle j’appartiens pas, j’aurais beau essayer, c’est comme ça. C’est comme les blacks, elles sont trop belles avec leur boum qui bounce et leur bouche qui dance tandis que moi j’reste plate. Bonne pour le musée d’histoire naturelle com’dit ma fille.
Ouais, j’voudrais toujours m’y promener, m’en fous des odeurs qui puent derrière les chevaux de bois et des types qui t’branchent avec leurs sondages, leur drogue, leur couteau ou leur stupre. J’donnerais ma vertu pour m’éclabousser à la fontaine des Innocents ou à la cascade Saint Eustache
[ là où une main sans bras tient une tête sans cou ].
D’ailleurs je l’ai déjà donnée.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Quand il est arrivé sur le quai du TGV, le projecteur s'est allumé. J'ai cru voir Gérard Lanvin dans la Belle Histoire. Pas en prophète : en explorateur. Si beau que j'en étais gênée. Et ses yeux. Ses yeux atlantique. Bleus. Sans bord. Évidemment.
Je n'aurais jamais dû lui parler. Le retenir. Le chercher.
Rencontré sur un quai, il n'était pas un voyageur. Il n'était qu'un passant, maître dans l'art des illusions.
Me reste toutefois la nostalgie de celui qu'il prétendait être, qu'il n'était pas, et que j'aurais pu aimer.
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun