Neruda, mon Neruda.
Capitaine
Aux vers amoureux.
Echoué
Sur une île noire si près de Temuco.
Descendant des rois.
Orphelin mélancolique
Que la pluie élève
Que les vents tressaillent.
Tes mots,
Tu les écris
Pour les poètes aux mains de boue
Qui lisent à peine.
Pour eux,
Tu chantes le plus simple.
Tu l'extrades.
Et moi
Je reste assise.
Invisible
Dans leur chœur.
Je me fonds
Entre eux
Pour t’écouter,
Pour m’imbiber
- volcanique -
De tes poussières de feu.
Soudain si vieille
D'une terre qui ne m'appartient pas.
Jalouse.
D'eux, de toi.
De ce temps où l'envol naissait du mot.
Type de document : vers
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Cette nuit, dans mon rêve, dans un tissu de coton blanc, pas vraiment un torchon, on me donnait des olives noires, petites, fermes, aux formes purement baroques, avec feuilles et rameaux... J'en goûtais une et j'en étais transportée d'extase. Toute la saveur du Sud, de la Méditerranée, de la Toscane. Que j'avais oubliée, reléguée. Une bouffée de nostalgie. Un appel.
Tentez-vous de me ramener à vous, mon ami ? Est-ce vous qui infiltrez mes rêves ? Je ne viendrai pas. Pas encore. J'ai besoin d'un peu de temps. Vous le savez, les Cimmériens aiment le temps qui passe. Ils résistent à l'envie de l'arrêter sans cesse. Ils ont besoin de traverser. Sans trêve. Toujours plus loin. Pour recommencer sans cesse. Recommencer toujours.
Au Dottore Pi
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun