Je ne t'ai pas quitté,
je t'ai extirpé.
De moi, mon corps, mon âme,
mon destin.
Ce fut, c'est, comme m'arracher un organe encore vivant
peut-être vital,
comme dévier non pas une rivière ni un fleuve,
mais un océan.
Là où nous tracions une route,
désormais
il n'est qu'un ravin
et il plonge dans le néant.
Mais je me tiens droite.
Je connais ces territoires
et je poursuis mon voyage
(vois-tu
je sais que tu m'attends).
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Loula-Ludivine
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Référence : Victor Hugo. Demain, dès l'aube...
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Cette nuit, dans mon rêve, dans un tissu de coton blanc, pas vraiment un torchon, on me donnait des olives noires, petites, fermes, aux formes purement baroques, avec feuilles et rameaux... J'en goûtais une et j'en étais transportée d'extase. Toute la saveur du Sud, de la Méditerranée, de la Toscane. Que j'avais oubliée, reléguée. Une bouffée de nostalgie. Un appel.
Tentez-vous de me ramener à vous, mon ami ? Est-ce vous qui infiltrez mes rêves ? Je ne viendrai pas. Pas encore. J'ai besoin d'un peu de temps. Vous le savez, les Cimmériens aiment le temps qui passe. Ils résistent à l'envie de l'arrêter sans cesse. Ils ont besoin de traverser. Sans trêve. Toujours plus loin. Pour recommencer sans cesse. Recommencer toujours.
Au Dottore Pi
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun