Hier
Je citais les rues
Le long de mes songes et randonnées
Là
Je les invente
Quand je les nomme
Quand je les pense
Ai-je gagné,
Ai-je perdu ?
De ce jeu où –
Dans l’irréel je vivais,
Tremblante et poussiéreuse
Et par le réel je succombe –
Qu’ai-je emporté
Si ce n’est moi-même ?
Ici
Aux carrefours des trajectoires
Je suis si seule
Qui peut entendre un chantre numérisé e
Qui peut l’atteindre ?
Cet infini glisse
Comme mille dunes
Comme tant d’eau
Et je ne flotte ni ne disparais
En ma poitrine
Les hallalis bruissent
Acérés
Etouffés
Qui
Ecoutera le chantre
Par ses chimères exilé ?
Qui
Saura
La consoler ?
Rendre son âme
A son récit inachevé.
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Loula-Ludivine
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
L’ensemble des textes d'un récit variable forme une base de données - un réservoir de textes - qui est agencée en de multiples niveaux de liens. Cette base de données peut être comparée à un espace qui possède une topographie, une architecture, une identité et des règles : un Topos (du grec topos : région, lieu).
Un Topos est semblable à une ville : il a ses quartiers, ses voies de circulation et de liaison. Comme une ville il peut grandir. Et, comme dans une ville, chacun y circule, y vit, y communique à sa façon.
Par exemple, connaître Paris, c’est connaître quelques endroits de Paris. Tous les Parisiens connaissent Paris mais aucun d’entre eux ne connaît le même. Pour un Topos, c’est la même chose. Tous les lecteurs d’un Topos le connaissent, mais aucun ne connaît le même.
Mais le Topos, ce n’est pas encore le récit.
Le récit naît quand un lecteur choisit des textes au sein du Topos et quand il les ordonne.
Ainsi, le récit est toujours variable. Il dépend :
- du choix des textes opéré par le lecteur ;
- de l’ordre des textes ;
- des supports d’édition et diffusion (électronique, papier d’imprimante, livre papier, affiche, son, etc.)
Le récit est donc toujours un récit potentiel parmi d’autres, une virtualité. C’est pourquoi c’est un récit variable.
Pour alléger le propos, consultez la version light de ce texte : un topos, c'est comme un frigidaire