J’ai repensé récemment, Amice, à ce film que vous aviez réalisé à notre retour de notre tout premier séjour à Celles-les-Bois, éblouis que nous étions de notre découverte du « Jeu de la maison chinoise ». Vous vouliez restituer la formule finale du premier acte en sons et images : « le cinéma doit aussi servir le Jeu », disiez-vous. J’irai tantôt à l’école Louis-Lumière pour une solennité. Quel dommage que je ne puisse leur montrer cet étonnant court métrage qui — sans effets spéciaux numériques ni optiques — ouvre les portes de l’esthétique et de la contemplation au-delà des visions connues. Mais les splendeurs du Jeu ne sont pas perçues par les profanes et les œuvres de la Castalie perdent leur saveur dans le rythme séculier.
A Nékao
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Colbert Valérian
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Référence : Hermann Hesse (Le Jeu des Perles de Verre)
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Enfant, Pierre faisait de drôles de rêves qui duraient très longtemps. Il voyageait dans un univers parallèle, un Paris imaginaire, et il y retrouvait Loula. Loula, louna. Lou la Divine. Et puis les rêves se sont arrêtés. Il a appris un métier, il s'est marié, il a eu un enfant.
Pourtant, de temps en temps, comme à fleur de regard ou de peau, il a l’impression de sentir qu’il existe autre chose et que Loula est là. Près de lui.