Je n'aime plus le café.
D'un coup. D'un seul.
J'ai commandé un allongé, mousseux, onctueux, une capsule grand luxe. Je l'ai attendu avec délectation. Je l'ai savoureusement humé, approché de ma bouche. Tendue toute entière vers ce plaisir nécessaire.
Perte et fracas. Aléas. Trépignements. Grimace.
Sevrée. Ecœurée. Débarassée contre mon gré d'une addiction volontaire.
Très régulièrement je m'essaie encore à ma dépendance caféinée. Et je me prépare un café. Mais je suis un cas désespéré.
Je n'aime plus le café. Enfin pour aujourd'hui. Demain peut-être, en retrouverai-je le goût…
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Avant que le substantif ne s’impose à la fin du 19ème pour désigner un style, le mot ‘baroque’ fut abondamment utilisé comme adjectif dans le sens péjoratif de grotesque, bizarre, surchargé, confus et désordonné, artificiel et surfait.
J’ai du mal à comprendre pourquoi ce vocable a hérité d’une connotation si négative.
Parce qu’il désigne à l'origine une perle irrégulière et mutine qui résiste à la perfection ?
Mais, cette perle me touche ! Et le baroque aussi.
Parce que cette imperfection et cet inachevé résistent au modèle classique, à la rationalité et à la pensée de l’imitation réaliste (perspective), parce que le baroque relève de l’anamorphose salutaire.
(quand le baroque brille)
Type de document : DJ's classes : classes générales
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun