J'ignore ce qui me pousse,
depuis des années,
à écrire ces textes,
à les relier,
inlassablement,
avec ténacité,
à les préparer
pour l'accrochage d'autres textes encore,
selon le modèle des premières stations spatiales en construction.
Quelle que soit la saison,
quelle que soit la réponse,
quelle que soit la réalité,
les épreuves,
le travail,
l'échec ou le succès,
je continue.
Opiniâtre, obstinée,
parfois obsédée.
De moins en moins.
L'objet m'échappera, c'est certain.
Il devient vivant.
Un texte vivant,
soumis aux lois de la maturation,
de la croissance,
de l'entropie,
de la dégénérescence.
Qu'en verrai-je ?
Qu'en saurai-je ?
Un désir : lui donner les structures nécessaires pour qu'il ne devienne pas un cancer ni un chaos.
L'aider à grandir et à s'autonomiser.
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Printemps de la Démocratie
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Avant que le substantif ne s’impose à la fin du 19ème pour désigner un style, le mot ‘baroque’ fut abondamment utilisé comme adjectif dans le sens péjoratif de grotesque, bizarre, surchargé, confus et désordonné, artificiel et surfait.
J’ai du mal à comprendre pourquoi ce vocable a hérité d’une connotation si négative.
Parce qu’il désigne à l'origine une perle irrégulière et mutine qui résiste à la perfection ?
Mais, cette perle me touche ! Et le baroque aussi.
Parce que cette imperfection et cet inachevé résistent au modèle classique, à la rationalité et à la pensée de l’imitation réaliste (perspective), parce que le baroque relève de l’anamorphose salutaire.
(quand le baroque brille)
Type de document : DJ's classes : classes générales
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun