J'ai testé bien des surfaces, bien des nécessités. Mais la plus stimulante, celle par où l'inspiration arrive, est celle-ci, celle sur laquelle j'écris en ce moment même : les pages interlignées des carnets noirs Moleskine à poche et élastique. Sans les carnets Moleskine, pas de récit variable. Pas de lettre d'amour, pas de chronique, pas d'avancée.
Comme si les mots me venaient par le papier.
Ecriture tellurique.
Derrière le papier - avant -
Le bois. La terre.
Je me plais à songer qu'il fut un temps où le papier naissait des lambeaux de coton réduits en bouillon primordial - magma blanc, informe.
Un topos n'est-il rien de plus qu'un papier en fabrication ? Une matière en ébullition…
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
Avant que le substantif ne s’impose à la fin du 19ème pour désigner un style, le mot ‘baroque’ fut abondamment utilisé comme adjectif dans le sens péjoratif de grotesque, bizarre, surchargé, confus et désordonné, artificiel et surfait.
J’ai du mal à comprendre pourquoi ce vocable a hérité d’une connotation si négative.
Parce qu’il désigne à l'origine une perle irrégulière et mutine qui résiste à la perfection ?
Mais, cette perle me touche ! Et le baroque aussi.
Parce que cette imperfection et cet inachevé résistent au modèle classique, à la rationalité et à la pensée de l’imitation réaliste (perspective), parce que le baroque relève de l’anamorphose salutaire.
(quand le baroque brille)
Type de document : DJ's classes : classes générales
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun