il est deux heures

voix II : il est deux heures du matin

voix I : à la lueur d’une flamme
voix II : dans des fumées de cèdre
voix I : le Capitaine calque les derniers graphes de son odyssée
voix II : les premiers

voix I : il est deux heures

voix II : dans un abysse numérique
voix I : océane
voix II : Loula retrouve sa voix
voix I : et se questionne

voix II : il est deux heures, déjà demain

voix I : Pierre rêve près de sa femme
voix II : il revoit Lou sur le quai
voix I : la devine
voix II : se réveille
voix I : allume son ordinateur et dans le lac de l’écran
voix II : distinctement la reconnaît

voix I : il est deux heures et c’est la nuit

voix II : la tête du Capitaine se relâche
voix I : elle respire
voix II : elle songe aux feux qu’elle a domptés
voix I : aux tipis, aux cascades,
voix II : à ses explorations
voix I : elle songe à sa fille,
voix II : à ses sœurs, à son frère, son cousin, son streetshaman
voix I : et elle soupire
voix II : soulagée
voix I : le combat va commencer.


Type de document : chants du chœur

Auteur fictif : Voix I & Voix II

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

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perle baroque

Avant que le substantif ne s’impose à la fin du 19ème pour désigner un style, le mot ‘baroque’ fut abondamment utilisé comme adjectif dans le sens péjoratif de grotesque, bizarre, surchargé, confus et désordonné, artificiel et surfait.

J’ai du mal à comprendre pourquoi ce vocable a hérité d’une connotation si négative.

Parce qu’il désigne à l'origine une perle irrégulière et mutine qui résiste à la perfection ?

Mais, cette perle me touche ! Et le baroque aussi.

Parce que cette imperfection et cet inachevé résistent au modèle classique, à la rationalité et à la pensée de l’imitation réaliste (perspective), parce que le baroque relève de l’anamorphose salutaire.
(quand le baroque brille)


Type de document : DJ's classes : classes générales

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

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