Mes premiers bréviaires ont été les grammaires et syntaxes de la langue castillane, inlassablement je les compilais, incrédule devant le plaisir qu’elles me procuraient. Puis, je me suis passionnée pour les guides touristiques du chili, région par région, du désert nordique aux glaces australes que l’on nomme terre de feu sans doute parce que le sud ne peut pas être assimilé au froid, c’est impossible. Ces ouvrages ayant pour unique objectif de me rapprocher du premier poète qui m’eût émue à chair et à sang - à vif - allez savoir pourquoi. Sans doute parce qu’il était le chantre de l’élémentaire, de l’artichaut et de l’amour, de l’automobile et de l’incandescence, du travailleur et des îles noires. Il a construit son œuvre comme un bréviaire du vécu.
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Avant que le substantif ne s’impose à la fin du 19ème pour désigner un style, le mot ‘baroque’ fut abondamment utilisé comme adjectif dans le sens péjoratif de grotesque, bizarre, surchargé, confus et désordonné, artificiel et surfait.
J’ai du mal à comprendre pourquoi ce vocable a hérité d’une connotation si négative.
Parce qu’il désigne à l'origine une perle irrégulière et mutine qui résiste à la perfection ?
Mais, cette perle me touche ! Et le baroque aussi.
Parce que cette imperfection et cet inachevé résistent au modèle classique, à la rationalité et à la pensée de l’imitation réaliste (perspective), parce que le baroque relève de l’anamorphose salutaire.
(quand le baroque brille)
Type de document : DJ's classes : classes générales
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun