Ma chère Sophie,
Je profite d'une brève halte dans mon voyage pour t'envoyer ces quelques mots, en espérant que tu les recevras avant que nous ayons trop changé pour nous comprendre encore.
Je pense que notre courte aventure était une erreur. Tu me l'avais dit, mais je ne comprenais pas.
Maintenant, je le vois bien, nos navires ne vogueront jamais sur les mêmes eaux.
C'est en partageant une bière avec un drôle de journaliste que je l'ai compris.
Ne nous en voulons pas.
Ces quelques soirées resteront au fond de mon coeur comme un souvenir doux-amer.
A jamais, donc, ainsi que tu le souhaitais.
Puissions-nous nous reconnaître et nous épargner si nous nous retrouvons un jour face à face.
Tendrement
S.
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Sgarideni
Auteur réel : Paskal
Provenance du texte : Participation
Commentaires : 2
Textes satellites : aucun
Je me suis installée en face du palais du fruit, maraîcher luxuriant qui reproduit à lui seul l’impression d’un marché. Mais ne vous y fiez pas : ce n’est ni moins cher ni meilleur. L’avantage c’est qu’on y trouve généralement ce qu’on veut. C’est déjà ça !
Soudain je réalise :
Que je suis dans le deuxième arrondissement
Que j’ai replongé dans l’écriture du Topos "odyssée"
Qu’il serait peut-être bon de prendre des notes pour une série [métro] ou [vie parisienne].
Mais il ne se passe rien de spécial et je suis d’humeur paresseuse. Je regarde devant moi. Je me perds dans la délicieuse sidération du débit de cette rue semi-piétonne : d’où sortent-ils tous ? Je n’en crois pas mes yeux. Dire que moi aussi j’en fais partie. Je ne dois pas me contenter de cette illusion d’exception (d’extraction) que m’apporte l’immobilité. Je suis une passante parmi les passants même si je suis assise à la terrasse d’un café en train d’attendre que la serveuse m’apporte ma commande.
Je n’aurais peut-être pas dû prendre un café : il est tard, je ne pourrai pas dormir cette nuit. C’est pas grave, de toutes les façons je ne compte pas dormir, je compte écrire. Alors c’est bien. Autant prendre un café.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun