- Je crois qu'écrire est mon unique souvenir. Mais toi, Loula, même perdue dans cet espace si froid, d'avant ou d'après le monde, dans cet espace de formes et de modèles, tu te souviens. Les chantres ne peuvent pas oublier. Ils ont de la mémoire.
- Non. Ils sont la mémoire. Comme la vie est le corps ou l'esprit ou le vent ou les grains de sucre éparpillés autour d'une tasse de café, traces du mouvement de la main, de la souche, de la parole qui saigne au-dessus d'un papier à cigarette sur lequel quelques mots d'adieu ont été écrits. Et si je suis la mémoire, Capitaine, comment pourrais-je l'avoir ? Je suis en mémoire comme d'autres sont en vie. Comme tu es en oubli.
Type de document : minutes des mémoires absolues
Auteur fictif : Les Greffiers
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
streetDJ avec un micro
J'ai l'impression que si jamais tu parles, je vais me sentir coupable de te voler ta voix.
Jeune Fille avec un parapluie
C'est le cas, non ?
streetDJ
Je ne sais pas justement, c'est là toute la question.
Conversation sur fond de musique française interprétée par une chorale et un accordéon :
"elle était jeune et belle
comme de bien entendu
il eut le béguin pour elle
comme de bien entendu
elle était demoiselle
comme de bien entendu
il se débrouilla pour qu'elle ne le soit plus"
Type de document : minutes des mémoires absolues
Auteur fictif : Les Greffiers
Auteur réel : anonyme
Provenance du texte : Printemps de la Démocratie
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun