Cette nuit, dans mon rêve, dans un tissu de coton blanc, pas vraiment un torchon, on me donnait des olives noires, petites, fermes, aux formes purement baroques, avec feuilles et rameaux... J'en goûtais une et j'en étais transportée d'extase. Toute la saveur du Sud, de la Méditerranée, de la Toscane. Que j'avais oubliée, reléguée. Une bouffée de nostalgie. Un appel.
Tentez-vous de me ramener à vous, mon ami ? Est-ce vous qui infiltrez mes rêves ? Je ne viendrai pas. Pas encore. J'ai besoin d'un peu de temps. Vous le savez, les Cimmériens aiment le temps qui passe. Ils résistent à l'envie de l'arrêter sans cesse. Ils ont besoin de traverser. Sans trêve. Toujours plus loin. Pour recommencer sans cesse. Recommencer toujours.
Au Dottore Pi
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Il y a tous ces détails de vous que je ne connaîtrai pas. Et qui s'exposent - indécents - comme pour me signifier cet éloignement que rien ne saurait écarter : le temps passé. Qui n'est plus à vivre. Un portrait de femme. Quelques feuilles éparses. Sèches. Un traité de marine. Une page de magazine d'un antan si lointain. Un portulan fantastique.
… Votre bureau en toscane où vous gardez quelques objets rapportés de ce réel qui est le vôtre. Là-bas, dans ce temps qui m’est inconnu et inaccessible, qui m’est passé.
Vous qui voyagez entre les espaces et les temps comme je voyage dans la ville.
Au Dottore Pi
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun